Une enquête réalisée par les journalistes de chez Isa

Par Emmanuelle Robin, Muriel Azarian et Gwendoline Michaelis et Valérie Rodrigue

 

Hommes : leurs confessions

On a pris des hommes, des copains, des ex-, des collègues, des jeunes (25 ans), des moins jeunes (40 ans). On les a abreuvés de questions indiscrètes sur leur vie, leurs amours, leurs coups de cœurs sexuels. Et ils ont bien voulu répondre … décryptage de notre sexothérapeute, Erick Dietrich.

 

Paroles, paroles, les beaux sentiments

Plus fleur bleue qu’on le croit, les hommes. S’ils sont amoureux, ils se mettent en quatre pour nous plaire ; cadeaux, coups de fils, efforts pour planquer leurs vilains défauts. Sinon, ils sont plus vrais que nature, et nous gardent au chaud en attendant la bonne rencontre. Le mariage ? Ils ne sont pas contre. Ils sont même incroyablement sérieux ascendant praline. Une enquête CSA 2001 révèle que les hommes font passer la famille et la tendresse loin devant la sexualité (57% et 11% et 6%). Et pourtant, ils ont tant de mal à dire « je t’aime » !

Savez-vous d’emblée si avec elle, ce sera pour une nuit ou pour la vie ?

Stéphane, 29 ans : « non, on est jamais sûr de rien, et surtout pas de soi ! Mais certaines femmes suscitent des désirs nouveaux ».

Marc, 39 ans : « non, c'est bien de commencer par une entente sexuelle forte et de découvrir une femme extra derrière la bombe ! »

Gilles, 35 ans : « Le grand amour, c'est quand tu sais quel rôle tu veux avoir à son côté, et ça, ça vient vite ».

Simon, 29 ans : « je sais tout de suite si ça peut aller loin ou pas. Si elle est libre, si elle a la même façon de voir la vie que moi ».

Samy, 33 ans : « je peux être très attiré, mais si la fille n’est pas plus jeune que moi ni du même univers, cela ne pourra pas marcher. J’ai besoin d’une histoire avec une bonne vitrine ».

Franck, 40 ans : « Oui je le sens très vite, il faut juste vérifier s’il y a le feeling sexuel. Si ça ne marche pas au lit, rien n’est possible »

Barnabé, 28 ans : « ma fiancée, c’est ma princesse, ma Jasmine. Celle des contes de fée et telle que je l’aie imaginée dans mes rêves ».

Diego, 25 ans : « ouh là ! Il faut du temps pour savoir qui elle est. Je prends le temps de la connaître, avant de m’enthousiasmer ».

 

Commentaire de Erick Dietrich :

« nos consultations prouvent que lorsque la sexualité ne va pas, le couple va mal aussi. Et pourtant, selon ces hommes, l’entente sexuelle n’est pas un facteur de choix. Selon la Fédération Française de Sexologie, 75 % des hommes trouvent l’entente sexuelle primordiale, 70 % n’ont qu’une idée fixe « lui faire sa fête » mais plus de 60 % préfèrent épouser une oie blanche. Ces témoignages montrent qu’après le coup de foudre, et la lune de miel, la femme qui a été parée de tant de qualités dans le système illusoire (la princesse des contes), va redevenir telle qu’elle est, avec ses défauts, qui vont soudain sauter au nez du bonhomme. Le dernier commentaire est le plus réaliste ; il faut prendre le temps de découvrir la partenaire ».

 

A quoi savez-vous que vous êtes amoureux ?

Martin, 29 ans : « J'ai envie de poser ma tête sur son ventre et qu'elle me caresse la tête. Et de partir en week-end avec elle »

Hervé, 29 ans : « c’est pas comme le coup de foudre. Et puis il faut que ça marche super bien au lit pour que je tombe amoureux »

Dylan, 32 ans : « quand elle n’est pas là, elle me manque, j’ai les boules »

Samuel, 25 ans : « devant elle, je perds mes moyens, je me trouve bête ».

Olivier, 35 ans : « je n’ai plus envie de rentrer chez moi, de regarder un DVD en mangeant une pizza tout seul, et les soucis sont secondaires »

Christophe, 40 ans : « je n’ai pas spécialement envie de lui faire l’amour, je pense à elle de façon obsessionnelle ».

Fabio, 26 ans : « j’ai envie de plaire. Même pour un rendez-vous au parc dimanche après midi, je vais faire le coquet et passer une heure à m’habiller ».

Jimmy, 27 ans : « je suis curieux de son passé, je n’ose pas poser des questions sur sa vie mais j’en meurs d’envie… »

 

Commentaire de Erick Dietrich :

« comment choisit-on son ou sa partenaire ? choix affectif, sexuel et socioculturel. Ces choix impliquent une réciprocité, une complémentarité des besoins et des points communs. Le choix affectif se fait sur le mode narcissique : on tente de vivre à travers l’autre et de combler ses manques. Au niveau du choix sexuel, il s’opère souvent sur un mode défensif ; à l’inverse de ce que souhaite la personne. Par exemple, un homme choisit une femme prude parce qu’il n’assume pas ses propres désirs ou fantasmes. Ou pour faire bien vis à vis de sa famille ou de son milieu. Tout cela apparaît dans ces témoignages. « Pas envie de rentrer chez soi », ce chez soi un peu chez maman, que les hommes fuient ! « L’état de manque », qui rappelle l’enfance. Le narcissisme, quand il a « envie de la présenter à tout le monde ». Un seul, et c’est trop rare, dit qu’il faut que la relation sexuelle soit satisfaisante pour envisager des sentiments ».

 

La vraie infidélité, c’est quoi ?

Stéphane : « quand on est plus nombreux que dans le contrat de départ, la liaison, en somme »

Marc : « c’est lui faire l’amour en pensant à une autre »

Gilles : « rester avec elle de peur de la quitter et de lui faire du mal »

Simon : « tromper sa copine… et le lui dire ! ajouter la méchanceté à la fourberie »

Samy: « prendre des décisions seul, mauvaises pour le couple. Décider de prendre un an sabbatique en Guadeloupe ou se ruiner pour une moto »

Franck : « la double vie avec des sentiments et mensonges à tout le monde. Le petit coup sans lendemain, bof, ce n’est rien »

Barnabé : « rêver d’une autre pendant des mois, même si rien n’est consommé »

Diego : « quand en plus de l’avoir fait, l’autre s’en vante »

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« le comportement a à voir avec les fantasmes des différents stades ; le fantasme de l’oralité, où l’on possède l’autre, où l’on souffre de la peur de l’abandon. Le fantasme de l’analité, où l’on veut tout contrôler, où l’on alterne le masochisme et le sadisme. Le fantasme œdipien, où il est question d’échangisme, de rapport extra-conjugal ». Remarquez que chacun a ses limites et ses critères sur la question… il ressort de ces réponses que l’infidélité, c’est : chercher dehors, dans son imagination, ce qu’on n’a plus avec l’autre ».

Comment vous montrez à une femme que vous l’aimez ?

Martin : « Je lui dis. J'essaie de rendre joli son quotidien ».

Hervé : « je la regarde et pas seulement quand elle a coupé ses cheveux ».

Dylan : « je fais attention aux détails : si elle frissonne, je refuse une table vers l’entrée du restaurant. Si elle me dit qu’elle adore Tricky, je fonce lui acheter le nouvel album »

Samuel : « je suis là, disponible pour elle, qu’elle soit de bonne humeur ou qu’elle ait le blues ».

Olivier : « je lui épargne mes histoires sans intérêt comme mes soucis de bureau ou mes rendez-vous avec mes potes, pour pêcher ou jouer au poker ».

Christophe : « je la câline, je lui envoie des mails, des textos, des fleurs que je choisis moi-même »

Fabio : « je me mets à sa place ».

Jimmy, 31 ans : « je cède à tous ses caprices et je ne dis jamais qu’elle pousse pépère dans les orties ».

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« Enfin de bonnes recettes pour ne pas sombrer dans l’ennui. Mais penseront-ils à entretenir la flamme au bout d’un mois, six mois ? Ou finiront-ils par croire leur femme acquise ? la routine touche 60 % des couples au bout de trois ans de vie commune ».

 

Dites-vous " je t’aime " et que répondez-vous quand on vous le dit ?

Stéphane : « je réponds que je suis amoureux mais c’est rare. Sinon je fais celui qui n’a pas entendu ».

Marc : « je biaise, je dis « rien que des mots … »

Gilles : « comme je suis mal à l’aise, que ce soit réciproque ou non, je réponds « cool ».

Simon : « quand je ne suis pas amoureux, je réponds « moi aussi, je m’aime » sinon je le dis en Anglais, parce que I love you, c’est moins solennel ».

Samy : « pas amoureux, je réponds « je t’adore ».

Franck : « je l’ai dit au bout de trois semaines après une soirée très réussie, et la fille était toute émue. Je le dis assez facilement »

Barnabé : « je dis toujours la vérité, je n’aime pas mener une fille en bateau »

Diego : « je suis toujours touché par une déclaration. Il faut beaucoup de courage pour dire ça. Je ne suis pas très courageux ».

 

Commentaire de Erick Dietrich :

« C’est toujours difficile  pour un homme de parler, d’exprimer une émotion, de se laisser aller. Et pourtant, ils ont envie d’être aimés, qu’on le leur dise, mais quand ils l’entendent, ils ne répondent pas toujours ! Leurs copains, le foot, le tir à l’arc, ça ne comble cependant pas tous leurs besoins affectifs ».

 

Premier rendez-vous, opération séduction

On s’en doutait, pour un premier rendez-vous, le décolleté reste une valeur sûre. Idem les talons aiguilles qu’ils préfèrent, dans l’écrasante majorité, aux sandales de bonne sœur. Sauf chez les plus jeunes ou ceux qui, mal à l’aise avec leur masculinité, aiment trouver une ambiguïté sexuelle chez la femme. En écho, ils aiment tous retrouver chez la femme convoitée, la qualité qui prédomine chez eux : l’humour (look Deschiens), la réserve (look sage, dessous prudents) ou le chic (tailleur, make up léger). A quoi ils pensent, en venant nous retrouver ? Au sexe. Là, la nature les rattrape et ils sont 73% à avoir acheté des préservatifs et 53% à avoir changé les draps de leur lit, au cas où.

 

 En premier, vous regardez quoi chez une femme ?

Martin : « Je regarde ce qu'elle met en avant ! » 

Hervé: « ses mains, j’aime les belles mains fines et claires »

Dylan: « Les seins. C'est plus fort que moi, je regarde si elle en a des petits, des gros, j’imagine comment ils sont »

Samuel : « quand même, au 1er rendez-vous, je dirais les yeux, pour ne pas passer pour un vieux bouc ».

Olivier : « son allure, si elle a du goût, si elle a un look perso ».

Christophe : « ses jambes, ses fesses, j’aime les fesses bien charnues, bien lourdes, qui se balancent quand elle marche »

Fabio : « son cerveau et tout ce qui va autour, faut pas charrier »

Jimmy : « ça commence par la tête et ça descend jusqu’aux pieds ».

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« on en revient à cette éternelle idée que l’homme cherche la madone et la putain et s’empêtre dans ses contradictions. Quand on leur parle de la femme, ils versent dans du pur romantisme, l’un d‘entre eux modère l’attrait sexuel, de peur d’être pris pour un vieux bouc, un vicieux. Le sexe, c’est pas bien, on est en plein syndrome de culpabilité !  ».

 

Dans quelle tenue (dessus et dessous) vous l’imaginez, au premier rendez-vous ?

Stéphane : « Elégante, un peu coquine. Le tailleur chic mais jeune et le chemisier un peu ouvert, découvrant une jolie dentelle ».

Marc : « féminine. J’aime imaginer que sous sa robe un peu floue, elle porte un string noir »

Gilles : « je pense à mon fantasme préféré : elle est habillée en infirmière avec rien dessous à part des bas blancs »

Simon : « tee-shirt, jean, baskets Addidas. Les dessous ? j’y connais rien »

Samy: « très fille, en tout cas. J’ai horreur du look treillis-bottes de tranchée. Les jupes fendues, j’aime bien. Les porte-jarretelles ».

Franck : « en tailleur, chemisier, avec des bas (sans jarretelles), string, soutien-gorge en dentelle transparente. C’est précis ».

Barnabé : « un tailleur un peu masculin, des cheveux courts, mâchouillant un fume cigarette »

Diego : « surtout pas délurée, pas de dessous rouge ni de bas... J’aurais peur de ne pas être à la hauteur ».

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« Si on oriente l’homme sur ses préférences au niveau lingerie, fantasmes, situation, on le déresponsabilise par la question et on lui donne la possibilité de se lâcher. Ainsi, l’homme n’ose pas… devant ses copains, il fait le cador, frime à propos de son rendez-vous avec une bombe, mais devant la femme, c’est le flip total. Pour la femme, tout dépend de l’enjeu. Si elle veut juste s’amuser, l’homme est là pour son plaisir, donc n’a pas à se soucier de sa réaction. Pour une relation durable, et dans le cadre d’une recherche affective et sexuelle, elle gagne aussi à être spontanée. Si l’homme s’offusque, tant pis pour lui, il faut changer de partenaire ».

 

 Quelles pensées coquines vous traversent la tête au premier rendez-vous ?

Martin : « je pense que je la renverse sur la table où l’on est en train de prendre un verre. Et j’espère qu’elle lit dans mes pensées ».

Hervé : « J'essaie de penser aux impôts »

Dylan: « je m'imagine son visage au moment de l’orgasme, cela démythifie une demoiselle intimidante ».

Samuel : « je nous vois finissant la soirée chez elle, et dans quelle position je vais l’envoyer au septième ciel ».

Olivier : « je me focalise sur des gros plans très trash, une fellation, une sodomie. Je suis trahi par des lapsus, l’autre soir, au lieu de parler de « SOS Racisme », j’ai dit « SOS désir ».

Christophe : « sa bouche sur mon sexe, j’en rêve et j’ai du mal à suivre la conversation… »

Fabio : « je n’ai qu’une pensée : quand va-t-on conclure ? »

Jimmy : « je me demande comment rester tendre et patient lors des préliminaires »

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« on voit là encore la dissociation sexe et sentiments. Les hommes osent plus dans leurs fantasmes que face à la femme ; les femmes désirent souvent que l’homme soit fort, protecteur … et coquin. Elle, elle a intérêt à s’habiller comme elle aime, pour ne pas donner une image déformée d’elle-même. Ainsi, ne choisissez jamais un homme pour le changer. Aimez-le comme il est. Si l’homme laisse entrevoir ses fantasmes, donnez la réplique, aidez-le à deviner les vôtres. Lors de ce premier rendez-vous, la peur du jugement est quasi nulle. On ose se livrer. Mais ne dévoilez pas tout tout de suite »

 

Et qu’est-ce qui vous donne un frisson d’envie ?

Stéphane : « toucher sa cuisse, surtout si elle porte des collants voile effet bronzage ».

Marc : « une caresse sur mon avant-bras avec l’ongle ».

Gilles : « le premier baiser »

Simon : « l’espièglerie. Une conversation à double-sens. Si elle sort un truc vraiment marrant ou qu’elle fait une farce à quelqu’un ».

Samy : « si elle se remaquille la bouche après le repas, je ne réponds plus de ma personne ».

Franck : « lui toucher les pieds sous la table et attraper ses mains »

Barnabé : « un sourire avec un éclair de désir dans son regard »

Diego : « déposer un baiser sur son décolleté un peu pailleté »

 

 Commentaire d’Erick Dietrich :

« Ces messieurs, malgré leurs prétentions, ne sont pas sereins. Ils ont un peu peur des femmes et de leur sexualité, ils sont dans leur angoisse de performance et préfèrent donc celles qui dissimulent leur désir, qui  n’ont pas une demande précise comme « j’ai envie que tu me prennes et que tu me fasses jouir ». En situation, ils préfèrent que la femme ne soit pas trop directe. L’homme aime toujours croire que c’est lui qui mène le jeu du début à la fin ».

 

Flirt, érotisme, ambiance qui précipite le désir

De toute façon, ils jugent les femmes sur leur physique. Si elle ne leur ne leur plait pas, selon leurs critères personnels, autant passer son chemin, il ne se produira pas grand-chose. Selon une enquête Francoscopie 2001, 30% des hommes sont émoustillés par une caresse, et 28 % par un regard qui en dit long. Et 28% par un baiser. Ex-equo. Les qualités qui les font craquer sont la tendresse (54%), l’humour (33%) la sensualité (18%). Câline et pleine d’attentions, vous décrocherez le pompon.

 

Aimez-vous que la femme prenne des initiatives ?

Martin : « Of course, j’aime ! Tu trouves ça sexy, toi, un type indécis qui dit oui, puis non, et qui flirtouille sans plus ?" »

Hervé : « la mijaurée, ça me gave. Je n’ai pas l’âme pédago donc si la fille n’assure pas, cela me refroidit ».

Dylan : « non, j’aime lorsqu’elles font tout pour que je les remarque mais c’est moi qui fait le premier pas. Car si je ne le fais pas, c’est qu’elles ne me plaisent pas ».

Samuel : « oh oui, d’autant que je suis timide »

Olivier : « je suis vieux jeu pour ça. C’est l’homme qui doit faire le premier pas, prendre l’initiative du rapport sexuel, demander en mariage … »

Christophe : « oui, c’est plus courageux de dire ce qu’on veut que de jouer aux belles indifférentes. J’aime le courage ».

Fabio : « Oui ... surtout concernant la fellation, c’est à elle de décider »

Jimmy : « je me dis que voilà une femme décidée, que dans la vie, elle doit être comme cela aussi ».

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« Dans les initiatives, les hommes ne fantasment pas vraiment une femme très libertine. Ils perdent souvent les pédales s’ils n’ont pas le pouvoir, s’ils sont dominés ». 

 

Si elle dit oui le premier soir, vous pensez quoi ?

Stéphane : « J’ai de la chance ! ».

Marc : « ce serait une histoire courte ! Quand une fille me fait triper d’amour, je recule ce moment là »

Gilles : « je me dis que je n’ai pas affaire à une gamine mais à une vraie femme. Si elle dit oui, comme moi si je dis oui, on n’est pas des chiens, juste des gens qui expriment leurs envies »

Simon : « c’est bien, non ? Au moins, on ne perd pas notre temps de restau en restau à accumuler les frustrations »

Samy : « J'ai envie d'une femme qui soit très "chaude". En même temps, ce n’est pas celle que j’épouserais. Les jeunes filles sont plus timides, les plus mûres sont plus directes, ce qui me plais et m’effraie ».

Franck : « si elle refuse, pas sûr que j’en aurais encore envie demain »

Barnabé : « elle ne va pas le regretter »

Diego : « Peu importe ..... si elle dit non le premier soir, j'adore ... ça augmente le désir. Si elle dit oui ... à moi d'assurer ce rapport très rapide, mais j'adore aussi »

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« Ce oui ou non du premier soir… salope ou Sainte-Nitouche, dans les deux cas, la femme est jugée, coincée par l’homme dans un double lien, elle a toujours tort. Cela ne reflète pas la problématique féminine, mais la problématique masculine avec la difficulté de l’homme à se confronter à l’image de la femme et surtout à l’image qu’il projette lui-même sur les femmes. En tout cas, ne pas dire oui tout de suite, cela permet d’attiser le désir ».

 

Pour un plaisir au top, elle doit être physiquement comment ?

Martin : « peu importe. Mais à la recherche de son plaisir ».

Hervé : « blonde ou brune, belle, 1m 65 à 1m80, entre 50 et 65 kg. Mais 54 ou 57 kg c’est mieux »

Dylan : « sensuelle, très féline, à grimper aux rideaux et à se jeter sauvagement sur moi. Ses habits sont pleins de trucs à dénouer »

Samuel : « de la poitrine, ni trop petite ni trop grande, sexuelle, mais ni vacharde ni dans la guerre des sexes ».

Olivier : « un peu jeune fille en fleur. Si elle a des demandes précises, des fantasmes avoués, je ne me sens plus le maître à bord. Disons gourmande et bonne élève »

Christophe : « fellinienne, bien en chair et aimant faire bonne chère après l’amour »

Fabio : « super coquine, très collégienne dévergondée, même si elle a quarante ans. J’aime qu’elles soient femme-enfant, un peu garçon manqué, tout ça mixé ».

Jimmy : « elle mesure moins d’1m75 ou je pars en courant ».

 

Commentaire de Erick Dietrich :

« ce qui est rassurant, c’est que chacun fantasme une femme différente. Mais il peut avoir du mal à la voir telle qu’elle est dans la réalité. Attention au réveil ! L’homme fait-il vraiment l’amour avec sa vraie partenaire ou se sert-il d’elle comme support à ses rêves et fantasmes ? »

 

Mise en scène, attentions, vous êtes sensible à quoi ?

Stéphane : « l'absence totale de mise en scène peut être une mise en scène efficace : cage d'escalier un peu crade, etc... » 

Marc : « Le romantisme verse vite dans la mièvrerie, alors pas de bougies, de coussins roses, ni de fille trop pomponnée ».

Gilles : « parfum, bougies parfumées... Je reconnais dans la rue le parfum que les femmes aimées ont porté. Je peux dire comment est une fille au lit selon son parfum piquant ou fleuri »

Simon : « une fille m’avait reçu chez elle, toute habillée de blanc, lumières éteintes mais avec des petites bougies partout. Divin »

Samy : « elle a prévu des draps qui sentent bon la lessive, le pain frais au petit déj’, elle est aux petits soins ; je préfère ça à celle qui me reçoit comme elle recevrait la voisine ».

Franck : « la fille maquillée, parfumée, qui a fait une belle table, elle montre à l’autre qu’on est dans un moment d’exception ».

Barnabé : « j’aurais peur de me sentir pris au piège, si la fille a mis les petits plats dans les grands »

Diego : « si elle me fait une dînette chez elle, et qu’on écoute les disques que j’aime, je suis très touché »

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« on retrouve le thème de la putain (monter les escaliers glauques) et celui de la maman (elle cuisine, elle apporte le café au lit, presque). Ils aiment que la femme soit tantôt putain, tantôt madone et maman. Ce qu’on peut dire, c’est que contrairement aux idées reçues, le decorum, l’ambiance, ça compte aussi pour les hommes, pas seulement pour les femmes. Certains hommes sont d’ailleurs doués pour bien recevoir chez eux. Ce sont les plus sensibles et en phase avec la femme ».

 

Voyage super X, au cœur de la sexualité et des fantasmes

Bien que l’on prête aux hommes un goût certain pour la pornographie, il n’est pas inutile de rappeler que Catherine Breillat et Catherine Millet sont des femmes. Et qu’un cœur tendre se cache souvent sous leurs airs de molosse. Ils apprécient la variété, l’expression des fantasmes s’ils ont le plus beau rôle (il préfère être le sultan du harem que votre esclave soumis) et une certaine réserve à condition qu’elle cache des trésors de fougue et de talents cachés. Ils sont tendres, la preuve : faire l’amour et « baiser », pour la majorité, ce n’est pas la même chose.

 

Votre plus beau souvenir au lit ?

Stéphane : « pas au lit, à la salle de bain et avec deux femmes »

Marc : « me réveiller à côté de celle que j’aime »

Gilles : « la nouveauté : chaque nouvelle nana, nouvelle position, nouvel endroit me fait bondir de joie ».

Simon : « quelques positions que j'adore, 69, levrette, et une copine qui me surprenait par ses pulsions (une fellation dans une voiture) ».

Samy : « elle avait réservé une chambre d’hôtel et m’avait donné des indices jusqu’à la chambre. La jolie surprise. Elle m’attendait sur le lit, dans un manteau en fausse fourrure, avec une belle robe noire, des talons aiguilles. La fille qui s’était vraiment décarcassée pour me faire un beau cadeau ».

Franck : « ma femme, qui est la mère de mes enfants et ma meilleure amie »

Barnabé : « les onze orgasmes que j'ai donné à ma femme en une heure et demie, sans me vanter ».

Diego : « avec celle que j’aime, parce que les sentiments sont un aphrodisiaque)

 

 

….Pour vous c’est quoi, un bon moment cul ?

Martin : « quand la fille dit « encore » »

Hervé : « no limits, on ose tout ensemble »

Dylan : « du plaisir intense, on se sent bien avant, pendant, après. J’ai trop souvent envie de me barrer après »

Samuel : « faire plaisir à la femme et qu’elle aussi me fasse plaisir, sans se poser des questions ni se prendre le chou sur l’avenir de la relation »

Olivier : « être avec une copine avec laquelle j’ai l’habitude de coucher pour le fun. On se connaît bien, on se marre bien, on ne se voit que pour ça ».

Christophe : « introduire des jeux un peu sado-maso »

Fabio : « avec une fille - mi-sauvage, mi-agressive, qui aime la fessée et les mots crus ». 

Jimmy : « un moment où on a tout essayé, avec une fille curieuse et partante pour tout, et qui apprécie la sodomie, la fellation. Trop de filles le font pour faire plaisir sans aimer vraiment ».

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

 

« toutes ces réponses montrent que l’homme a peu de fantaisie, dans l’ensemble. C’est souvent la femme qui se creuse la tête. Qu’elle continue, si elle a envie que sa vie privée soit un peu épicée, pimentée… »

 

Pour vous y a t’il une différence entre « baiser » et faire l’amour ?

Stéphane : « dans une relation purement sexuelle, on donne et on prend du plaisir. On peut avoir des émotions. Mais faire l’amour avec une personne aimée, c’est se rassurer, se dire qu’on s’aime. C’est peut-être un peu plus mou ».

Marc : « quand tu couches sans sentiment, tu es plus égoïste. En tous cas, moi »

Gilles : « faire l’amour, c’est plus respecter sa partenaire et ça, ça m’embête. Que vient ficher le respect dans un peu sexuel ? »

Simon : « oui et non. Les sentiments sont la cerise sur le gâteau mais dans tous les cas, tu as envie que ce soit top agréable ».

Samy : « la différence, c’est le préservatif. Quand on s‘aime, que ça dure, on finit par le virer et c’est plus agréable ».

Franck : « c’est ridicule, ce distinguo, c’est un truc de jeune fille gnangnan, ça »

Barnabé : « une bonne séance de baise entretient l’émotion et met de l’ambiance, ce qui peut faire naître de l’amour »

Diego : « faire l’amour, c’est les préliminaires, après on passe aux choses sérieuses »

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« l’amour, les sentiments, induiraient une peur du jugement de l’autre et la mise en place d’une forme de respect qui semble incompatible avec le sexe… c’était vrai dans les années 50, apparemment les mentalités masculines n’ont pas beaucoup évolué »

 

 A quels signes remarquez-vous qu’elle a eu un orgasme ?

Martin : « au fait qu’elle en ait eu plusieurs, ou qu’elle me dise qu’elle aime bien faire l’amour avec moi ».

Hervé : « Se poser la question, c'est déjà gâcher le moment. Je fais tout pour qu’elle en ait un, mais je ne tiens pas au débriefing ».

Dylan : « J'aimerais avoir la réponse à cette question... »

Samuel : « « A ses cris. A l'impression qu'elle perd pied. A la récupération dont elle a besoin ensuite ».

Olivier : « ça se voit dans ses yeux »

Christophe : « elle arrête de parler, elle ne se regarde plus prendre la pose… en vérité, elle transpire un peu »

Fabio : « l’étau de ses jambes. Malheur à ma tête si elle s’y trouve »

Jimmy : « allez savoir… elles savent bien simuler. »

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« là encore, les hommes sont dans leur ego, ils parlent peu d’émotions, de sensualité, de communion. Eh oui, si ces messieurs sont dans « l’homme fait jouir la femme et cela est dans son pouvoir », il est vrai que cela ne mène pas à une vraie communion »

 

Parlez-vous de sexe entre hommes ?

Stéphane : « beaucoup, on se vante d’avoir attrapé telle ou telle bombe. Mais on devient muet dès qu’il s’agit d’une femme qu’on aime ».

Marc : « je raconte beaucoup de choses à deux vieux copains, pour avoir leur avis, échanger des idées (pas des filles) »

Gilles : « peu. Contrairement aux femmes, nous, on est dans la compétition, pas dans la complicité. »

Simon : « je préfère en parler avec mes bonnes copines, pour avoir leurs impressions »

Samy : « je ne raconte rien, ni le sexuel ni le sentimental. Dans ma famille, on n’est pas démonstratifs ».

Franck : « on en parle lorsqu’on a eu une maîtresse commune. Si elle a fait ceci avec lui, cela avec moi, comment c’était ».

Barnabé : « je préfère lire des bouquins de sexo ou mater des revues pornos, c’est plus instructif »

Diego : « non, les garçons se vantent de leurs exploits, et toi, t’écoutes mais t’apprends rien ».

 

 

….Feriez-vous l’amour avec une hardeuse ?

Martin : « non, elles doivent être blasées, on doit se sentir ridicule et emprunté ».

Marc : « ce serait possible. Mais j'aurais peur de ne pas avoir de tendresse, d'échange ».

Gilles : « je l'ai déjà fait, avec une très bonne copine … souvent ses amants essayent de faire comme dans les films X.... pas moi .... »

Simon : « Of course, pourquoi pas. C'est souvent sexy une hardeuse ».

Samy : « je préfère les dames de petite vertu, j’en vois une, régulièrement, quand je suis sans nana ».

Franck : « au moins, t’es sûr de passer un bon moment cul, de ne pas regretter d’être venu. »

Barnabé : « j’aurais trop l’impression d’être le centième amant »

Diego : « non merci, je suis encore plein d’illusions »

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

 « ils craignent cette image très sexe de la femme, la compétition, le narcissisme. Ils ne parlent pas d’affectivité, d’amour. L’un d’eux préfère même payer une professionnelle, ainsi il ne se met pas en position d’avoir à la faire jouir. Zut, messieurs, quelque soit la femme, c’est une femme ! Que se passe-t-il pour qu’ils aient autant besoin de transformer la femme soit en objet sexuel soit d’adoration mièvre, jamais comme un être humain dans toute sa richesse…. La peur des femmes, là encore ».

 

C’est trash, mais vous aimez… quoi ?

Martin : « la domination (moi dominant), le bondage, le triolisme, le latex, l'exhibitionnisme. Ouf »

Hervé : « rien de hard. Jouir dans sa bouche et

l'embrasser ensuite. Et le contraire, elle jouit dans ma bouche et m'embrasse ».

Dylan : « donner une fessée, c’est excitant, ensuite, la retourner et la soumettre ».

Samuel : « rien de spécial. Des glaçons à faire fondre le long de son corps.

Olivier : « l’éjaculation faciale, un classique efficace. Récemment j’ai été très impressionné par une séquence comme ça et la fille, flattée, en était très émoustillée »

Christophe : « les trucs à plusieurs, non merci. Sinon, une bonne fellation ».

Fabio : « la sodomie, j’adore. Je propose discrètement, par certains gestes et si la fille suit, c’est le nirvana ».

Jimmy : « le 69 qui dure des heures. Mais c’est pas trash, ça, non ? C’est juste très bon ».

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« on leur propose du trash et ils partent dans la domination, le SM, comme quoi il suffit de les débrider pour qu’ils laissent leurs fantasmes de domination, de marquage de territoire (éjaculation faciale, le sperme et le territoire), de domination, d’humiliation. Cette femme qu’il ne comprennent pas et qui les inquiète, il faut la dominer. Tout cela manque de tendresse, l’amour devrait s’associer aux fantasmes libertins. Il faut choisir un homme libertin, amant tendre et romanesque, il y en a ! ».

 

 

Décrivez-nous une bonne fellation

Martin : « comme un apéro : une mise en bouche en demi-teinte puis une bonne lampée et enfin, un trou normand avant de recommencer ».

Hervé : « une langue avec un piercing, ça m’est arrivé une fois »

Dylan : « lorsque la fille a l’air d’aimer et qu’elle te prend le sexe entre les seins, s‘ils sont assez gros c’est divin »

Samuel : « tendre avec la bouche ou la langue, ferme avec la main »

Olivier : « Franchement ? Un mélange de succion lente et rapide, des jeux de langue sur le gland et les testicules, la langue le long de la verge, le tout agrémenté d'une légère masturbation faite par la fille, évidemment. Si je dois aider, ça gâche un peu ».

Christophe : « Pas de dents, beaucoup de langue, une main qui ne prend pas le sexe de l'homme pour une porcelaine de Chine ».

Fabio : « qu'elle n'y aille pas comme une folle, n'importe comment, qu'elle fasse un bon usage de sa langue et varie les sensations ».

Jimmy : « il faut avoir du temps devant soi et éprouver de l’amour. Parfois, le bon coup de l’un est le mauvais d’un autre, donc on ne peut pas juger des qualités techniques d’une fille »

 

Commentaire d’Erick Dietrich :

« la sexualité masculine n’est pas si simplette. Chaque homme a ses préférences mais presque tous aiment que la femme fasse une fellation avec conviction, convoitise et gourmandise. Si c’est juste pour leur faire plaisir, ils le sentent et le moment est gâché. Soyez à l’écoute de ses réactions et vous saurez ce qu’il préfère ».

 

Encadré : les questions à éviter au début

 

- « à quoi tu penses ? » 

 

- « tu m'aimes ? » 

 

- « t’as voté pour qui ? »

 

- « Combien tu gagnes ? » 

 

- « où on va pour les vacances  ? »

 

- « c’est qui, cette fille ? » 

 

- « t’as quel âge ? » 

 

-«  tu m’appelles demain ? » 

 

 

-« c’est tout ? »

 

-« raconte ta journée, honey »

 

Encadré : Mais vous pouvez leur dire en boucle

 

-« c’était super, j’en suis encore toute retournée »

 

-« tu as raison, en fait »

 

-« j’ai surfé sur le net, téléphoné aux agences et j’ai un peu organisé des vacances en Thaïlande ».

 

-« bouge pas, je vais te chercher le sucre »

 

-«  t’as ton style, et ça te va super bien »

 

Encadré : ils vous croient à moitié quand vous dites :

 

-« j’ai 25 ans et demi »

 

-« je pèse 49 kg et demi »

 

-« je n’ai eu que six amants et demi »

 

-« un beau mec qui passe ? Où ça ?»

 

-«  j’aime bien le rugby et la F1, aussi »

 

-«  avant, ça m’était jamais arrivé »

 

Encadré :  ce qu’ils détestent trouver dans votre chambre

 

« des nounours, des poupées, des choses de l’enfance »

 

« un sac de boxe, des affaires de judo, des trucs masculins, quoi »

 

 « Une litho d'un maître impressionniste ».

 

« Un chat. Des bibelots. Pas de livres ».

 

« Du bazar »

 

« Du linge roulé en boule »

 

« La photo de son mec. Des jouets. Des posters ou magazines sur la chasse et la corrida, la pêche... »

 

  « Des préservatifs en évidence »