| L'homme
et son
Sexe |
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Il est clair qu’il existe une extrême diversité de
représentations de l’impuissance, donnant
naissance
aux plus grandes différences dans la manière de comprendre, d’évaluer, donc de
traiter cette maladie déroutante et difficile.
Définitions de
l’impuissance
1. L’impuissance est un processus psychopathologique
- représentation personnelle dysfonctionnelle de la
sexualité
- l’impuissance comme symptôme émergeant d’une névrose ou d’une
psychose.
- les thèses de l’homosexualité refoulée
SOLLERS : " L’impuissance n’est qu’une perversion sexuelle "
Il est vrai que l’on note bien souvent chez les impuissants :
- prédispositions anxieuses
- troubles de la communication
- troubles de l’affirmation de soi (timidité, phobies)
- troubles de l’image du corps (dysmorphophobies et syndrome du petit pénis)
- troubles de la relation aux autres, à l’autre,
- apprentissage de la sexualité difficile
- troubles de la personnalité et/ ou de l’identité, psychopathologie
profonde ... (mais le motif
de
consultation dans ce cas là est bien rarement le trouble sexuel)
en pratique :
- ce qui était vrai du temps de Freud ne correspond peut être pas toujours à
la réalité actuelle
(la
modification des pratiques sexuelles qui requièrent de l’homme un
comportement plus élaboré)
- l’impuissance aujourd’hui est davantage l’expression d’une dysfonction
à deux et d’un
apprentissage
défectueux que l’émergence d’un processus psychopathologique personnel.
- On retiendra plutôt qu’une trame de fonctionnement personnel prédisposante
est nécessaire
à
la genèse et/ ou à l’entretien d’une pathologie sexuelle :
- troubles relationnels qui imposent une distance de sécurité avec l’autre
(pénétrer, agresser, ...)
la
différence de l’autre
- manière de conjuguer le verbe aimer :
- attractivité sexuelle
- attractivité affective et sentimentale
- attractivité pour l’inaccessible
- attractivité pour l’appropriation ...
- aimer aimer
- points de repères à son corps (corps hygiénique, sportif, sensuel, sexuel,
fantasmé...)
- dysmorphophobies
- représentation de la sexualité trop rigide : - tabous
- mythes
- idées reçues
2. L’impuissance est une dysfonction érectile
- les troubles de la vascularisation
- l’innervation et les troubles sensitivo moteurs
- le spasme caverneux (neurovasculaire) ; (expression physiologique de la
fermeture brutale
neuro
vasculaire, davantage que " fuite veineuse " débouchant sur un
concept médico-chirurgical.)
3. L’impuissance est elle un trouble dysthymique du
comportement ?
Le trouble de l’expression du comportement (grande similarité avec les autres
troubles de la
série adrénergique,
sérotoninergique)
Hypercontrôle
- focalisation sur un seul élément de l’action : l’érection
- comportement stéréotypé et désérotisé
- rétrécissement de la sensorialité (blocage sensitif)
- hyperactivité motrice avec souvent agitation psychomotrice.
Inhibition et ralentissement (version dépression) avec manœuvres d’évitement.
Les troubles de la gestion humorale du
comportement et des cognitions
dévalorisation/ honte/ culpabilité
isolement et fuite relationnelle
pensées et fantasmes négatives
labilité émotionnelle (hyperémotivité)
accélération du temps (désorientation spatio temporelle), modification de
l’échelle de temps
Les troubles de la fantasmatique et de la représentation
arrêt de l’anticipation sexuelle, trouble du projet sexuel remplacé par une
anticipation anxieuse
arrêt ou absence de l’imaginaire érotique
L'impuissance masculine ou insuffisance érectile peut se révéler dans diverses circonstances
1/ l'affaiblissement érectile est
récent ou a été de faible durée, il ne faut pas s'effrayer, patientez
quelques semaines et à moins
de phénomènes pathologiques concomitants, physiques ou
psychiques qui obligent à consulter,
2/ l'insuffisance érectile peut se
manifester suite à une prescription médicamenteuse, notamment
pour H.T.A., hypercholestérolémie,
problèmes cardiaques ....
3/ il existe un diabète ou une
maladie hormonale,
4/ il existe un alcoolisme, un
tabagisme susceptibles de retentir sur la vascularisation du pénis,
5/ il existe des troubles
neurologiques,
6/ souvent est rencontrée une
perte du maintien de l'érection durant l'acte faisant suspecter une
"incompétence" des
tissus érectiles de la verge (corps caverneux). Ainsi, il existe une érection
initiative, mais qui se perd
rapidement avant l'éjaculation, la pénétration n'ayant pu être ou non
objectivée,
7/ impuissance sexuelle chez l'opéré
de la vessie, de la prostate, du rectum due à des lésions
définitives des voies
neurologiques commandant l'érection,
8/ il existe des anomalies génitales,
testiculaires ou une anomalie pénienne tel une coudure,
un petit pénis un phimosis
susceptibles de générer une inhibition relationnelle,
9/ il existe un contexte de
difficultés sociales, professionnelles, financière ou de couple
(divorce, veuvage, maladie, conflit
...),
10/ il peut s'agir de troubles
physiques francs : absence de désir, manque de confiance en soi,
difficultés d'approche ou de
contact, les érections nocturnes et matinales existent, la masturbation
est possible. De nombreuses drogues
ou médicaments sont capables d'induire de nombreux
désordres. Le tabac et l’alcool
font partie des drogues les plus nocives pour le sexe.
Après cinquante ans, un grand
fumeur (20 cigarettes/jour) a de grands risques d’être impuissant.
Nous savons aussi qu'après avoir
fumé plusieurs cigarettes à la suite, l'augmentation de nicotine
diminue la qualité de la rigidité
de l'érection. Mais comme pour tout, il faut replacer les choses
dans leur contexte pour être crédible
: une petite cigarette de temps en temps, comme un bon
vin ou des apéritifs consommés épisodiquement
ne sont pas nuisibles pour la santé.
L’alcool peut entraîner une
augmentation des oestrogènes (hormones féminines) dans le sang
(et donc une certaine féminisation).
L’homme grossit, perd ses poils et sa poitrine se développe,
alors que la rigidité de ses érections
faiblit sérieusement. Une consommation excessive d'alcool
peut rendre violent, dépressif et
entraîner un désintéressement de la sexualité avec inhibition du
désir sexuel. L'alcool a petite
dose peut avoir un effet désinhibiteur, mais à forte dose aura une
action très négative sur la
qualité de la rigidité.
Nous ne détaillerons pas l'action
des drogues comme le haschich, la marijuana, la cocaïne,
le L.S.D. ou l'ecstasy qui, si
elles peuvent temporairement donner l’illusion, entraînent à plus
ou moins long terme (selon le type
de drogue et la façon dont elle est consommée) une
dégénérescence physique et
psychique responsable de graves désordres.
Les médicaments ayant un effet négatif
sur divers pôles de la sexualité sont nombreux.
Disons que certains seront
directement mis en cause, alors que d'autres ne représenteront que
la "goutte qui fait déborder
le vase". Avant tout ne jamais interrompre de soi-même un traitement
prescrit par le médecin traitant.
Si une difficulté d'érection apparaît au cours d'un traitement,
parlez-en à celui-ci ; dans la
mesure du possible, il changera le traitement incriminé.
Les médicaments les plus iatrogènes
sont : les anti-androgènes (les androgènes sont les
hormones mâles), certains
neuroleptiques (médicaments utilisés en psychiatrie), les anxiolytiques
et surtout certains antidépresseurs, certains médicaments contre l’hypertension artérielle.

b - Les causes organiques
Les maladies artério-veineuses
Les plus fréquentes sont les
maladies artérielles comme l’athérosclérose ou l’artérite. Les artères
se bouchent progressivement. En
sont responsables le plus fréquemment : le tabagisme,
l’hypercholestérolémie et le
diabète.
Il peut exister une prédisposition
familiale. D'autres maladies existent, elles sont plus rares et nous
ne les citerons pas ici.
La fuite veineuse provoque dans
certain cas des troubles sexuels. Les valvules veineuses ne
remplissent pas bien leur rôle, si
bien que le sang qui arrive dans les corps érectiles par les artères
repart immédiatement dans les
veines ; la verge, bien que se remplissant normalement, ne peut se
maintenir rigide. S'il y a bien une
turgescence, c'est l'absence de rigidité qui domine. Actuellement
nous préférons utiliser le terme
de "maladie caverno-veineuse" car la maladie se situerait à la
jonction des corps caverneux et des
veines.
Les maladies des corps érectiles
L’intérieur des corps érectiles
peut être atteint de dégénérescence et son enveloppe atteinte de fibrose :
il s'agit d'un durcissement, d'une perte d'élasticité des
tissus. Des prélèvements réalisés à l'intérieur
(biopsie) ont permis d'en faire le
diagnostic. Cette fibrose a diverses origines : toutes les maladies
dégénératives (diabète, athérosclérose,
artérite, etc.…) qui portent atteinte aux fibres musculaires
lisses comme celles qui tapissent
les parois de nos vaisseaux, ou simplement le vieillissement de
celles-ci.
Le vieillissement et l'abstinence
n'entraînent pas systématiquement de fibrose, mais, après 50 ans
l'arrêt prolongé de toute activité
sexuelle risque de provoquer une impuissance temporaire ou définitive
(ne s'use que si l'on ne s'en sert
pas!).
Les causes neurologiques
Une atteinte des centres nerveux de
la moelle épinière ou des nerfs entraîne aussi des troubles de
l’érection.
- section de la moelle épinière
lors d’un accident,
-
ou bien section du nerf érecteur (appelé aussi nerf
honteux) lors d’une intervention chirurgicale
-
de la prostate, de la vessie ou du rectum (partie terminale
du tube digestif).
-
une mauvaise conduction : la sclérose en plaque ou les
neuropathies provoquées par des
-
maladies
-
comme le diabète, l’alcoolisme, etc...
Les causes endocriniennes
: les maladies des glandes.
des
testicules : l’hypogonadisme (insuffisance de sécrétion d’hormones mâles)
de
l’hypophyse
de
la thyroïde
des
surrénales
Les causes urologiques
Il est très rare que des maladies
urinaires entraînent des difficultés érectiles sauf dans les cas de
cancer.
L’examen clinique :
L'érection
matinale est la signature de l’impuissance psychique et confère le diagnostic
certain de la nécessité de la
psychothérapie.
L’examen renseigne sur les pouls
périphériques (au niveau des jambes…), les réflexes, l'examen de la verge
(induration évoquant une maladie
de La Peyronie, pouls de l'artère dorsale de la verge…), la taille et
la consistance des testicules
(taille/consistance), l'état de la prostate.
Doppler pénien. Cet
examen échographique mesure le
flux artériel et les variations de calibre des
artères avant et après
l'injection de vasodilatateur (prostaglandine) dans le corps caverneux. Il
permet
d'apprécier si les troubles de l'érection
sont en rapport ou pas avec une anomalie de la vascularisation,
insuffisance artérielle ou fuite
veineuse.
Artériographie iliaque.
C'est une radiographie qui consiste à opacifier les artères iliaques
(au niveau de l'aine), par
ponction, à la recherche d'un rétrécissement. Cet examen est surtout utilisé
dans les rares cas où une réparation
des artères (revascularisation) peut être envisagé, en particulier
chez les sujets jeunes ayant une
impuissance post-traumatique (fracture du bassin).
Opacification des corps
caverneux (cavernographie) : Examen radiographique très
rarement
utilisé actuellement. Il est fait
à la recherche d'une "fuite" veineuse, mise en évidence lors de l'érection
provoquée par l'injection, sous
anesthésie, de sérum salé et de produit de contraste dans les corps
caverneux. La fuite est jugée non
pas sur l'imagerie, mais sur le débit de sérum physiologique
nécessaire pour assurer le
maintien de l'érection (normalement < 5 ml/mn).
Traitement chirurgical : Chirurgie vasculaire : Intervention pour revascularisation

Intervention utilisée en cas de
diminution du flux sanguin par occlusion ou sténose d’un vaisseau
principal, essentiellement en cas
de lésion vasculaire après fracture du bassin chez l’homme jeune.
Ce type d’intervention n’a
aucun intérêt dans les lésions vasculaires liées au diabète car celles-ci
affectent surtout les ramifications
distales des artères, qui sont trop fines pour pouvoir être réparées
par la chirurgie.
Ligature veineuse :
L’intervention consiste à lier les veines issues des corps caverneux
pour
ralentir la sortie de sang et donc
améliorer l'érection. Proposée en cas de fuite veineuse, c’est-à-dire
quand les corps caverneux sont
incapables de retenir une quantité suffisante de sang pour entraîner
une érection, ce type
d’intervention est très controversé et des complications graves, liées à
la
suppression du retour veineux de la
verge, existent.
Prothèses péniennes :
Il existe différents types de prothèses péniennes.

La plupart des prothèses implantées
actuellement sont " gonflables " c’est-à-dire que la
rigidité de
la prothèse, donc l’érection,
est obtenue en manipulant une pompe qui se trouve soit dans le
scrotum, soit à l’extrémité
distale de la prothèse. La pompe remplit sous pression deux cylindres,
un dans chaque corps érectile, ce
qui entraîne l'érection. La verge peut donc facilement être mise
en position d’érection ou de non érection.

Ces prothèses en silicone sont
implantées sous la peau et sont donc totalement invisibles. Il n’y a
pas de gel de silicone dans ces
prothèses et aucun problème immunologique comparable à ceux
décrits dans les prothèses
mammaires en silicone chez la femme n’a été décrit à ce jour chez des
hommes porteurs de prothèse pénienne.
Il faut cependant bien comprendre
que la mise en place de ces prothèses dans les corps caverneux
détruit de façon permanente le
tissu érectile. Les complications des prothèses sont essentiellement
l’infection, qui peut survenir
immédiatement après l’implantation, et les pannes mécaniques du
système, rares, qui peuvent nécessiter
le changement de tout ou partie de la prothèse.
Des chirurgiens se préoccupent de
nombreuses demandes comme de rendre à un pénis
sa courbe et sa forme rectiligne ou
d'augmenter sa longueur.


En bas de cette page vous avez un lien sur le site de la pénoplastie avec de nombreuses photos
Masturbation et impuissance sexuelle
La
tâche primordiale des psy est le traitement mental de l’impuissance, mais ce
n'est qu'un problème
à
peu prés insoluble, car chaque cas apparaît comme un exemple nouveau lors de
l'examen médical
et
avec les motifs les plus variés. Pour définir cette carence on pourrait la résumer
dans cette phrase
Chaque
cas isolé est une révélation. Comment établir alors une thérapeutique?
Si
j'ose aborder cette entreprise téméraire, c'est parce qu'il n'y a pas de
souffrance plus dépendante
de
la force psychique en elle-même éclairant et illustrant nettement toutes les
autres méthodes
curatives,
avec un seul but conscient et poursuivi énergiquement une psychothérapie
rationnelle
et
une thérapeutique individuelle.
Chez
les malades psychiques on peut être tout particulièrement aiguillé sur un
traitement faussé,
nuisible
sous toutes ses formes, « les sensations pathologiques » étant
disciplinées par la
persuasion
d'une maladie qui, chez l'impuissant, est déjà une maladie en elle-même.
Ce
comportement mental consiste en ce que la représentation des obstacles prédomine
avec
force
et que les réflexes nerveux de la moelle épinière sont troublés par des
influences refoulées,
minimisées
ou exaspérées.
Ils
sont de natures les plus diverses et facilement curables par la suggestion dans
les cas simples,
avec
tous les traitements variés mécaniques, tels que cure thermale, électricité,
hydrothérapie froide,
massages,
fortifiants, tous les aphrodisiaques qui agissent dans un sens suggestif, par la
conviction,
l'assurance
d'une prompte guérison, «... cela ira bientôt tout à fait bien ! »,
etc.
Lorsque
l'appareil génital est normal, bien constitué, il n'y a qu'une impuissance psychique
et
toute intervention locale est inutile, voire même dangereuse et nuisible en général.
Le domaine de l'impuissance est le psychisme.
L'ignorance de cette particularité
par les médecins a causé les plus folles erreurs.
Il
y en a encore un nombre incalculable qui en sont encore ignorants, il ne faut
pas leur en faire grief,
car
si nous apprenons à l'école une multitude de formules chimiques, le département
des sciences
sexuelles
fait totalement défaut.
Je
crois aussi que les impuissants, à un certain âge, font incomber leurs
troubles à des obstacles
moraux
ou sentimentaux. Je m'élèverai contre cette conception erronée, car nous
rencontrerons
des
hommes qui, après une période d'impuissance de dix ans parfois, redeviennent
actifs sur
leurs
vieux jours, et je le répète :
...
La capacité sexuelle demeure jusqu'à la mort.
Une
perte précoce de la virilité (lorsqu'il ne s'agit que de phénomènes
passagers) aboutit à une
sénilité
précoce; mais Si l'on se. renseigne avec plus de précision, on découvre que
ces hommes
impuissants
ont le matin, en rêve ou au réveil, de fortes érections, qui seront désignées
comme
«
montée d'eau » ou attribuées à une vessie trop pleine.
Je
ne connais pas, d’impossibilité physiologique plus flagrante que cette
soi-disant « montée d’eau »
Si
la vessie trop pleine apporte une érection, la rétention volontaire de
l’urine suffirait à elle seule pour
l’empêcher
et ainsi nous aurions un moyen bien simple pour guérir l’impuissant. Nous
conseillerons
à
l’homme d’attendre jusqu'à ce que la vessie soit bien pleine pour utiliser
l’érection physiologique !
Je
sais que les urologues revendiquent la paternité de cette expression : «montée
d'eau » comme
une
lionne son petit, mais cela souligne seulement le souci d'une meilleure compréhension
psychologique
et physiologique. Chez les impuissants, malgré l'attrait de la femelle, il ne
se produit
pas
d'érection, alors que dans le priapisme l'érection est permanente sans être
sous la dépendance
d'une
vessie trop remplie: Il en serait de même chez les prostatiques qui, conservant
une quantité
de
résidu dans leur vessie, seraient d'une puissance étonnante, ce qui n'est pas
la règle, bien au
contraire.
Les
individus qui souffrent d'impuissance psychique sont sous la domination
d'obstacles
Leur sexualité est dominée par la
force et l'impression d'une invisible interdiction qui les paralyse,
ils
luttent toute la nuit contre elle, puis le rêve leur offre la solution à cette
gêne. C'est seulement au
réveil,
lorsque le mental de la nuit a marqué son empreinte, que cette situation est
considérée comme
un
réflexe sexuel. C'est ce phénomène tout particulier que Freud a nommé : Régression,
le rêve étant
à
son apogée le jour, puis de plus en plus enveloppant la nuit.
C'est
toujours un retour sur le passé lointain, une régression sur l'enfance et sur
toutes les sources
de
la génitalité, qu'il ne peut freiner étant éveillé par une censure morale
quelconque. Les obstacles ne
seront
surmontés que lorsque le rêveur se trouvera dans une situation puérile où
plus aucune
contradiction
ne subsistera. S'il ne surmonte pas les embarras présents il sombrera encore
plus
profondément
dans le rêve et s'éloignera de la réalité.
Il
atteint alors cette réalité et comprend tous les désirs qu'il était seul à
bannir de ses espérances.
Les
songes qui encouragent cette érection et qui masquent le véritable sens de sa
sexualité sont
vite
oubliés, il ne s'en souvient plus, ou tout à fait par hasard de leur but
imaginaire.
C'est
la question que nous voulons résoudre en premier lieu. Nous apprenons que fort
souvent
l'érection
dura toute la nuit, ou bien n'est apparue que le matin, qu'elle est plus rare
depuis quelque
temps
ou plus fréquente, ce qui est très important dans la solution des souffrances
ressenties, car
un
grand nombre de ces impuissants s'adonnent alors à l'onanisme en s'éloignant
ainsi de la femme.
Selon
que ces érections se produisent le jour ou la nuit il y a un trouble organique
certain de
l'impuissance,
il faut éviter alors tout traitement local. Je sais que Freud fait suivre consécutivement
ses
malades par un urologue, ce que je considère comme une grosse erreur, en éloignant
les
chances
d'une guérison possible et en masquant le processus morbide.
Chaque
impuissant psychique doit être soigné uniquement psychiquement.
Une
autre énigme très importante est de savoir si le manque d’érection du matin
ou sa
parution
sont un signe certain que l’on n’a pas affaire à un impuissant mental.
Je
répondrai par un Non catégorique. Il y a des névropathes chez qui les
rêves matinaux sont au
contraire
un frein, et ainsi les tendances ascétiques surpasseront l'impulsion. Je
connais des
individus
qui n eurent aucune érection pendant des années et chez qui toute sexualité
semblait
disparue,
je dis semblait, car ils s'extériorisaient dans les plus divers symptômes
polir réaliser leurs
songes
physiques, consciemment ou inconsciemment. En supprimant toute contrainte par
l'analyse,
la
faculté sexuelle réapparaissait dans toute sa force, parfois tellement
tumultueuse que les malades
en
étaient effrayés, se conférant alors des instincts satyriques. « Je peux très
bien freiner mes
érections,
me disait l'un d'eux, cela ne dépend que de ma volonté. »
Il
n’y a pas d’anaphrodisme congénital (Eulenbourg). Les observations
dans ce sens de Krafft-Ebing,
Hammond,
Rohleder, Forel et Löwenfeld ne sont pas concluantes, car il y manque la base
psychanalytique.
Il en est de même pour l'infantilisme psychosexuel dans lequel l'attrait génital
ne
fait
pas défaut. Comment cela se pourrait-il ? L'enfant est-il plus sexuel que
l'adulte ?
La
constatation d'absence d'érection jusqu'à cinquante ans n'est pas la preuve
d'un diagnostic
d'impuissance
organique; nous en fournirons plus loin divers exemples. J'ai soigné un
impuissant
de
soixante ans, qui avait jusqu'à quatorze érections nocturnes. Le traitement
consista à éloigner
des
soucis hypothétiques et spontanément les nuits redevinrent calmes.
Il
n'y a pas de manifestation physique qui soit plus facilement troublée par la
représentation
d'entraves,
or rien n'est plus inconscient que cet effet. Les motifs connus ne sont pas
aussi nocifs
et
ne conduisent que très rarement à l'impuissance. Un grand nombre d'hommes qui
ont le dégoût
des
prostituées sont impuissants auprès d'elles. Elles le savent et sont persuadées
que ce fait est
inexistant
avec d'autres femmes.
L'homme
ignore que ces obstacles sont à la base et à l’origine de ses troubles
psychiques. L'idée
que
« Je suis un impuissant! » agit comme auto-suggestion. Au prochain essai,
avant l'acte, il
pense
déjà « Pourrai-je faire l'amour ? » Il doute, craint un mépris, et
devant cette expectative
l'appréhension
agit automatiquement avec plus d'acuité que n'importe quel frein. Ces phénomènes
grandiront
de plus en plus et alors nous trouvons le type classique de l'impuissant
psychique qui
en
rend responsable la partenaire lui enlevant toute libido. Si les causes réelles
angoisse, hésitation
sont
supprimées, il y aura guérison immédiate.
Les
malades les plus facilement curables sont ceux qui viennent nous consulter après
le premier,
ou
un des tout premiers échecs. Une simple explication qui les étonne on un
traitement d'analyse
psychologique
seraient une faute primordiale, car ce procédé exaspère les malaises et agit
comme
gêne
dans les moyens curatifs. L'idée fixe : « Je suis impuissant »
s'incrustera et chaque essai de
thérapeutique
sera une nouvelle expérience pour le médecin. Nous savons bien aujourd'hui
combien
la
lutte inconsciente entre le malade et le médecin est importante pour le résultat
final. Des
patraques
deviendront des malades pour mortifier le médecin et lui enlever sa réputation,
pour ne
pas
lui laisser la satisfaction de la guérison.
Un
grand nombre d'hommes veulent continuer un traitement, car il ne fut que
« passager », et ils
en
sont persuadés. C'est parfois un amour pour le médecin, dont le contact leur
apparaît plus
efficace
que celui de la femme. L'idéal pour la guérison de l'impuissant psychique est
« plus le
résultat
est rapide, plus il est certainement durable ».
Nous
ne devons pas parler à la légère des résultats momentanés, comme le font en
générale les
psychiatres
qui conseillent aux malades d'aller trouver des prostituées pour obtenir une
satisfaction
passagère,
leur faisant ainsi croire à une guérison définitive. Bientôt, après
quelques semaines,
les
soucis passés réapparaissent. Chaque cas doit être pris à part, il faut déceler
les causes pour
lesquelles
une analyse spéciale en dépend. La différenciation entre les cas fugaces et
les cas graves
implique
une compréhension et une compétence extrêmes du psychiatre.
Nous
allons vous présenter quelques exemples d'impuissances passagères dans
lesquelles les
bases
psychiques font défaut, elles étaient pourtant prépondérantes. Parfois on se
trouve en face
d’un
dissimulateur, mais on arrive rapidement à le confondre quand il est
devant le neurologue.
Je
sais bien qu'il y a peu d'individus absolument normaux, mais il faut tenir
compte. des prédispositions
à
la névrose. J'ai déjà dit que les cas les plus simples sont ceux où l'on
peut suggérer la suppression
de
l'obstacle passager « Tu es impuissant ! ».
L'affirmation
des médecins incriminant l'onanisme exacerbe encore la conviction :
« Tu
es impuissant ! » en faisant barrage à l'érection.
C'est
un fait fort curieux que ces, malades se rendent responsables en rejetant leurs
troubles sur
une
masturbation passée. L'onanisme est un réservoir inépuisable à toutes les
excuses passées et
présentes.
Dans
un article De l'Onanisme larvé (Uber larvierte Onanie) Onanisme et
Homosexualité,
j 'ai développé le peu
d'influence que confère cette manie. Löwenfeld a lutté contre mes
affirmations
que
l'onanisme n'a aucun rapport avec la puissance génitale.
Voici
ce qu'il écrit : « Je dois m'étonner que
l'onanisme étant très fréquent, il soit tenu pour possible
d'être
sans effets morbides sur les facultés sexuelles, ne puisse entraver la capacité
d'érection et
le
développement de sa fonction. »
Löwenfeld
ne constate que l'onanisme et non les forces occultes qu'il masque toujours. Je
n'ai pas
émis
ces prétentions à la légère et sur un cas isolé, car mes convictions dérivent
d'études approfondies
sur
un matériel innombrable. Si un individu se masturbe parce qu'il a des idées
d’assassinat ou de
nécrophilie,
l'onanisme ne peut être mis en cause dans l'impuissance qui suivra, mais
certainement
comme
obstacle à des chimères sadiques ou nécrophiles qui accompagnent cet acte.
Je
ne suis pas un ami des discussions scientifiques, les convictions se superposent
aux convictions,
les
contradicteurs s'en emparent.
Or
je ne puis exiger qu'un médecin averti abandonne toutes ses convictions après
la lecture d'un
de
mes articles et dire que cet acte est absolument sans danger, mais je veux
insister sur
l'interprétation
individuelle et, dans ce but, le sujet proposé : Onanisme et Puissance
sexuelle
me
semble tout indiqué. J'ai à plusieurs reprises prouvé que l'onanisme n'a
aucune influence;
Löwenfeld
est convaincu du contraire et dit : « ... L'auteur prétend avec
Guttzeit qu'il n'y a aucun
rapport
entre l'onanisme et la faculté sexuelle, connaissant des hommes qui se
masturbent depuis
cinquante
ans sans aucun trouble génital. Si cela se produit parfois, il s'agit de cas
exceptionnels
démontrant
à quel point sont variables les capacités et les réflexes génitaux. En
dehors des chocs
pathologiques
causés par cet abus il n'y, a pas d'autre incident possible. »
«
La capacité d'érection ne peut être troublée par la masturbation, ni en évincer
la faculté normale,
ainsi
que le prouvent mes écrits et les exemples qui les accompagnent. »
Voir
Traitement par Viagra et autres ....