LA STRUCTURATION DU NARCISSISME SECONDAIRE :

Par Karine Peltier

 

Le complexe de castration oedipien, clinique des névroses.

 

 

Narcisse (NarkissoV) était de Thespies en Béotie; il était le fils de Liriopé la Nymphe bleue que le dieu-Fleuve Céphise avait un jour violée. Le devin Tirésias dit à Liriopé: " Narcisse vivra très vieux à condition qu'il ne se voit jamais. " Parmi ses amoureuses se trouvait la Nymphe Echo qu'il repoussa brutalement. Elle passa le restant de sa vie dans des vallons, se laissant dépérir, au point que seule sa voix subsista et qui répétait le dernier mot d'une phrase.

Echo et Narcisse par Nicolas POUSSIN (Louvre)


Un jour, Narcisse envoya, en présent, une épée à Ameinias, le plus tenace de ses soupirants. Ameinias se tua devant la porte de Narcisse, faisant appel aux Dieux pour venger sa mort.Artémis (ou Némésis) l'entendit . En Thespies, elle lui fit voir son reflet dans l'eau claire d'une source, et il tomba amoureux de sa propre image reflétée dans l'eau.

Selon une autre légende, il avait une soeur qui lui ressemblait beaucoup et dont il tomba éperdument amoureux; quand la jeune fille mourut, il se rendit tous les jours près d'une source pour y retrouver son image en se mirant dans l'eau

Echo, bien qu'elle n'eût pas pardonné à Narcisse, souffrait avec lui ; elle répéta, en écho à sa voix : " Hélas ! Hélas ! " comme il se plongeait un poignard dans la poitrine. Son sang s'écoula dans la terre et ainsi naquit un narcisse blanc à corolle rouge.

 

 

LA STRUCTURATION DU NARCISSISME SECONDAIRE :

Par Karine Peltier

 

Le complexe de castration oedipien, clinique des névroses

 

Le narcissisme peut être défini comme « la mêmeté d’être, connue et reconnue, allant, devenant, pour chacun dans le génie de son sexe ».

C’est à dire que le narcissisme représente la cohésion, la continuité du sujet, son sentiment d’existence.

C’est un continuum depuis la vie fœtale jusqu’à la mort.

On peut distinguer 3 types de narcissismes :

Le fondamental ou primordial, le primaire, le secondaire.

 

Le narcissisme fondamental :

Il s’agit du désir de vivre du sujet, ce qui lui donne le sens de son identité sociale, symbolique. Il est lié à la conception, la vie intra utérine, la naissance. C’est en quoi l’enfant est  un héritier symbolique du désirs de ses géniteurs.

 

Le narcissisme primaire :

Il est lié à la différence des sexes, l’appartenance à un seul sexe, à la réalité monoséxuée du corps humain. Cette étape se situe vers 3 ans.

 

Le narcissisme secondaire :

C’est le type de relation à soi même, c’est à dire ; l’interdiction pour les pulsions sexuelles de demeurer en société animale, instinctuelle. Il est lié au complexe d’œdipe «  le désir d’enfantement d’un couple génito-génital dans l’étreinte d’amour et le coït avec son propre géniteur hétérosexuel.

Le garçon est plus directement dans l’œdipe ; la fille, elle va devoir changer d’objet (homo à héterosexuel)

Le narcissisme secondaire s’articule donc au complexe d’œdipe, à la différence des sexes et des générations, à l’interdit de l’inceste.

On peut définir le complexe d’œdipe comme «  la représentation inconsciente par laquelle s’exprime le désir sexuel ou amoureux de l’enfant pour le parent du sexe opposé et son hostilité pour le parent du même sexe »

Il existe une 2ème représentation dite inversée; l’œdipe complet étant nommé complet.

Son apogée se situe entre 3 et 5 ans, avec un déclin pendant la période de latence et sa résolution après la puberté, se concrétisant par un nouveau type de choix d’objet.

Œdipe, selon la mythe de Sophocle était fils de Laïos et Jocaste. L’oracle d’apollon prédit à Laïos qu’il serait tuer par son fils. Pour que la prédiction ne se réalise pas, Laïos fait abandonner par un serviteur son fils sur le mont Cithéron après lui avoir fait transpercer les pieds avec un clou (oedipos : pieds enflés). Le serviteur confie l’enfant à un berger qui le donnera à Polybe, roi de Corinthe et sa femme Mérope.

Œdipe grandit et se rend à Thèbes pour consulter l’oracle qui lui révèle qu’il tuera son père et épousera sa mère. Pour échapper à cette prédiction, oedipe voyage. Sur la route de Thèbes, il croise Laïos qu’il tue. Il arrive à Thèbes ou le sphinx, monstre ailé tue ceux qui ne résolvent son énigme : « Qui est celui qui marche sur 4, puis 2, puis 3 pieds »

Œdipe résout l’énigme, le sphinx se tue. Pour remercier oedipe, Créon, régent de Thèbes lui donne Jocaste, sa sœur comme épouse et le royaume de Thèbes. Ils auront 2 fils : Eteocle et Polynice , et 2 filles : Antigone et Ismène.

La peste et la famine s’abattent sur Thèbes. L’oracle déclare que les fléaux disparaîtront quand le meurtrier de Laïos sera chassé de la ville. Tirésias, devin aveugle connaît la vérité mais refuse de parler.

La vérité est révéler par un messager de Corinthe, berger qui lui raconte son histoire. Jocaste se pend, oedipe se crève les yeux et s’exile à colonne. Créon reprend le pouvoir.

Nous avons dit qu’il y avait 2 positions dans l’œdipe, positive et négative ; les deux étant, l’œdipe complet. Freud , notamment dans le moi et la ça explique comment l’œdipe disparaît avec le complexe de castration. Le garçon reconnaît le père comme obstacle à la réalisation de ses désirs. Il abandonne donc l’investissement libidinal de sa mère et évolue vers une identification au père. Il se détache de la mère(disparition du complexe œdipien) pour choisir un objet du même sexe.

Donc, si le garçon sort de l’œdipe par l’angoisse de castration ; la fille, elle entre dans l’œdipe par la découverte de la castration.

 

Mélanie KLEIN (1882-1960) de l’école anglaise de psychanalyse a exposé vers 1927 dans «  les stades précoces du conflit oedipien » ses désaccords avec FREUD. Notamment en ce qui concerne la datation du complexe d’œdipe ( triangulation précoce) et le développement psychosexuel différencié des garçons et des filles.

 

La théorie freudienne :

Dans ,  « la vie sexuée »l, Freud  explique l’attachement du garçon à sa mère, qui était déjà investit dans la période pré-oedipienne ( libido oral et anal), ainsi que la rivalité envers le père (désir parricide).

Pour la première fois est explicitée l’orientation bisexuelle de l’être humain : c’est à dire, la bisexualité : orientation active envers la mère et passive envers le père ( attitude féminine du garçon, homosexualité inconsciente ou consciente). Il explique également le rôle de la masturbation et son interdiction, la menace de la castration dans l’éducation qui peut augmenter le complexe de castration.

Quant à la fille, elle doit changer d’objet, c’est à dire, passer d’un objet homo à un objet hétero. L’œdipe de la fille se caractérise par le désir pour le père et la rivalité envers la mère. Au moment de la différence des sexes, vient l’envie du pénis chez la fille. C’est la phase phallique. Il est question d’avoir ou ne pas avoir le phallus. Si la fille accepte mal cette castration primaire, elle aura un  sentiment d’infériorité, aspirera au pouvoir, voudra rivaliser avec les hommes, usera de la castration psychique. C’est la complexe de masculinité.

C’est l’acceptation de la castration primaire et la fierté de son sexe qui met la fille sur la voie de la féminité. L’envie du pénis, par une équation symbolique devient le désir d’enfant C’est une compensation au renoncement phallique.

On voit bien comment chez la fille, le complexe d’œdipe est une formation secondaire «  tandis que le complexe d’œdipe du garçon sombre sous l’effet du complexe de castration ; celui de la file est rendue possible et est introduit par le complexe de castration

Donc le complexe de castration inhibe et limite la masculinité et encourage la féminité.

Concernant la relation entre le complexe de castration et le complexe d’œdipe. Il y a une opposition entre les 2 sexes due à la différenciation des sexes et la différence entre menace de castration et castration réelle.

 

Chez le garçon, il y a plus ou moins refoulement du complexe d’œdipe qui vole en éclats sous la menace de la castration. De plus, l’investissement libidinal est abandonné ou désexualisé et ou en partie sublimé. Les objets sont intériorisés dans le moi et l’interdit de l’inceste même dans l’inconscient deviendra le surmoi.

Chez la fille, il y a 3 voies possibles :

Le renoncement à la sexualité, la revendication phallique, l’investissement libidinal vers la féminité, c’est à dire le renoncement au phallus et l’entrée dans l’œdipe.

La théorie de Françoise DOLTO

In « psychanalyse et pédiatrie »71

Le garçon :

Au cours de l’œdipe, c’est la pensée magique. La différence des sexes provoque l’angoisse de castration ( fantasme de castration). L’angoisse de castration est consciente alors que le complexe de castration est inconscient.

L’angoisse de castration tient à 3 facteurs :

La découverte de la différence des sexes, la puissance magique attribué aux adultes, l’infériorité générale devant l’adulte.

Lutte contre l’angoisse castration :

Vers 3-4 ans, au moment de la découverte de la différence des sexes, le garçon va investir narcissique ment le phallus. Son monde sera alors coloré de fantasmes agressifs phalliques affirmant sa sexualité masculine .En même temps qu’il a une grande affection pour sa mère ( plaire et faire plaisir), il surestime son père et le jalouse. Il va donc s’identifier au père (faire comme).

Ces fantasmes oedipiens se développent mais ils se heurtent constamment à la réalité(infériorité de l’enfant). La présence du père provoque chez le garçon crainte et jalousie réelle. Cette agressivité jalouse et les attitudes hostiles vont provoquer des conflits. L’image du père doit être de taille à supporter l’agressivité inconsciemment violente du garçon. Si le père est faible moralement, ce sera plus difficile pour le garçon de devenir viril, parce que les succès pourtant légitimes seront vécus comme coupables.

Dans les cas « normaux » ou le père est présent, la seule issue pour le garçon est de renoncer définitivement à l’objet primitif, objet de la compétition et de sublimer ses pulsions qui visaient à conquérir la mère .

Donc le garçon est contraint d’abandonner la lutte avec le père ou de sublimer sur d’autres objets la libido d’abord employée dans la fixation affective avec la mère. L’inceste est libidinalement castrateur (activités culturelles, sportives, artistiques).

Le garçon veut remplacer le père mais aussi l’imiter. Cette double attitude rivale et passive ne s’accorde qu’avec une famille sans névroses (c’est à dire que la mère n’intervienne pas entre le fils et le père)

Prenons l’exemple d’un garçon qui arrive par son agressivité à triompher de son père ( éloigner le père de la mère). Il n’aura plus la possibilité de s’identifier à son père. Cela peut donner lieu à une impuissance avec les femmes aimées par l’homme car elles sont associées dans son inconscient à l’objet oedipien tabou.

Le renoncement aux pulsions agressives à l’égard de la mère doit s’accompagner du renoncement des pulsions passives séductrices à l’égard du père. Car, si le fils est soumis affectivement au père, l’activité agressive phallique est associée à des choses défendus. Alors, l’angoisse de castration entre en jeu et le surmoi parle comme parlerait le père. Cette attitude passive envers le père peut donner lieu à un complexe de féminité, c’est à dire une homosexualité inconsciente. Dans ce cas, l’œdipe est refoulé et non pas liquidé.

Le garçon doit faire le deuil, c’est à dire accepter la mort intime d’un passé révolu au nom d’un présent aussi riche, sinon plus qu’avant et un avenir plein de promesse.

L’éducation et notamment le rôle de la mère si elle est castratrice peut accentuer cette angoisse.

Une mère castratrice est celle qui s’oppose de quelque façon que ce soit à l’affirmation extérieure corporelle, affective, ludique de tous les comportements masculins(audace, force, fierté des entreprises comportant un certain risque). Si la mère condamne ou déprécie les caractéristiques masculines, alors le garçon se sentira fautif dans toutes les activités dérivées de la sexualité phallique.

Même si l’interdiction de la masturbation n’est pas explicite, c’est comme lui dire » je t’aimerais si tu n’avais pas de virilité visible »

Pour plaire à sa mère, le garçon tente de soumettre sa libido à cette mutilation ; ce qui provoque une sur activation de son angoisse de castration ( puissance attribuée aux adultes)

Au niveau libidinal, on assiste à des déplacements régressifs( oral, anal, urétral) ; par exemple, des symptômes névrotiques tels que l’énurésie, les tics, les terreurs nocturnes les comportements anti-sociaux, les phobies).

De même, l’interdiction systématique par la moquerie ou le raisonnement des fantasmes infantiles de toute puissance peuvent jouer le même rôle castrateur que des menaces de mutilations sexuelles.

L’enfant a besoin de s’imaginer puissant pour compenser son infériorité réelle. C’est en lui permettant d’acquérir des réussites que l’on valorise qu’on l’aidera à surmonter cette infériorité.

De même, la collaboration active de l’adulte à l’édification des fantasmes de l’enfant est également castrateur ( ou qu’on les joue dans la réalité)car l’enfant s’apercevra qu’on l’a trompé et perdra sa confiance dans les adultes.

Plus tard, sur le plan de toutes les activités intellectuelles et sociales, le complexe de castration entrera en jeu car ces activités seront vécues comme coupables.

Leur érotisme reste fixé sur eux même, leur affectivité est bloquée dans des conflits à l’intérieur de la famille. Cela signe la névrose.

Surtout si l’enfant aime sa mère castratrice, il échouera dans toutes les activités viriles. Cela équivaut symboliquement à dire qu’il est déjà châtré et que sa mère n’a nul besoin de le punir comme on l’a fait aux filles. Ses échecs joueront bien le rôle inconscient de punir l’enfant en augmentant son sentiment d’infériorité.

 

La fille :

En général, jusqu’au stade phallique, le développement de la sexualité chez le garçon et la fille sont parallèles.

Cependant, dès le stade oral, la fille paraît avoir une moindre grande quantité de pulsions passives. Au contraire, le garçon est manifestement plus actif que la fille.

Au stade anal, le garçon se sert de son agressivité pour rapter alors que la fille pour capter ( par exemple, pour lancer une balle, le garçon fait un mouvement de pronation et la fille de supination).

Au stade phallique, le garçon part à la poursuite, la fille attend ardemment.

C’est à dire que les pulsions génitales sont centrifuges chez le garçon ( en direction de l’objet du désir) alors que chez la fille, elles sont centripètes par rapport au phallus(attirer à soi, guetter leur pouvoir de séduction).

Lutte contre l’angoisse de castration :

Angoisse phallique :

Vers 3-4 ans, la fille découvre la différence des sexes. C’est à dire qu’elle voit que les garçons ont un machin qu’elle n’a pas. Elle commence par nier le fait, puis elle est jalouse mais reste convaincue que ça poussera. Elle attend et essaie de voir et de jouer avec le pénis des garçons, car voir et jouer, c’est un peu comme avoir.

L’envie du pénis devient le thème de ses fantasmes masturbatoires et elle impute cette mutilation à sa mère.

Le complexe de castration ne peut pas être entièrement inverse à celui du garçon car la castration phallique n’est pas une menace mais un fait.

Donc, si le complexe de castration met en danger la sexualité du garçon, elle épanouit celle de la fille.

Le complexe de castration comporte 2 phases chez la fille : une phallique et l’autre vaginale.

Chez la fille, l’angoisse est dangereuse avant l’œdipe car elle peut l’empêcher de s’installer normalement.

C’est à dire que si une trop grande angoisse de castration phallique l’empêche d’entrer dans le complexe de castration, alors l’investissement vaginal ne se produira pas (frigidité vaginale).

Le complexe de castration, c’est ce qui pose la fille comme femme.

Mais pour patiente qu’elle soit, le mère fée n’apporte pas le cadeau demandé et la fille doit y renoncer pour toujours. Les filles n’ont pas de pénis, sa mère non plus n’en a jamais eu.

Si le renoncement ne s’opère pas, on peut alors voir un complexe de virilité.

Le désinvestissement de la zone phallique ne peut se faire sans compensation. L’abandon phallique s’accompagne d’un déplacement sur le visage et le corps entier. Il apparaît alors l’amour des parures, coiffures, bijoux pour compenser inconsciemment le phallus abandonné consciemment.

C’est le désir de plaire, à soi même et aux hommes . Elle renonce à les châtré, reprend confiance en elle et essaie de conquérir et séduire les hommes.

C’est le début de la situation oedipienne.

Donc, c’est par envie du pénis que la fille va vers les hommes. A Condition que le couple parental ne soit pas inversé, sinon la sexualité masculine restera attribué à la mère (père faible, mère phallique).

Il est important que la fille fasse son deuil de l’ambition du phallus et qu’elle accepte de ne pas être un garçon.

Sinon, elle peut refouler sa sexualité phallique et la libido sera obligée de régresser à des stades inférieurs.

La solution heureuse est l’investissement vaginal.

Quand la masturbation génitale n’a pas été interdite, l’envie du pénis fait place au désir d’avoir un enfant. La zone génital devient lieu d’émois libidinaux et est accompagné de fantasmes oedipiens (être pénétré par).

La fille continue de plus en plus à s’identifier à sa mère par ambition.

Si la mère est féminine, elle autorisera sa fille à acquérir toutes les activités féminines qui feront d’elle peu à peu son égale.

Vers 5-6 ans, les pulsions agressives de la fille sont utilisées dans la sublimation et les pulsions passives mises au service de son désir de plaire et de séduire les hommes qui pourront la protéger et de ceux qui ont la puissance que les femmes n’ont pas.

C’est l’âge du jeu de la poupée sur laquelle elle projette ses pulsions agressives que son moi ne peut supporter ( elle gronde et punit sadiquement par exemple). Elle commence à construire un surmoi qui parle comme sa mère mais dont la sévérité n’est que le reflet de sa propre agressivité.

Dans les fantasmes, vaginaux, il n’est plus question de voleurs, de doigts coupés ; mais de prince charmant et de bague au doigt. Elle est princesse et rêve d’un prince charmant lui trouvant les qualités pour devenir reine, c’est à dire femme.

La fille devient de plus en plus coquette avec son père ou un substitut, déclare qu’il sera son mari et lui donnera des enfants.

Mais la réalité est là, la mère est la femme de papa.

 L’hostilité vis à vis de la mère est plus sourde chez la fille car elle est moins douée que le garçon d’agressivité prolongée.

Elle peut renoncer à la rivalité oedipienne avant la phase de latence sans pour autant avoir liquidé son oedipe. Elle peut rester dans l’attente de celui qu ‘elle aime en se préparant à l’accueillir, être en bonne entente avec sa mère tout en sur valorisant son père.

Si le père n’est pas névrosé et est naturellement tendre et chaste avec sa fille, elle passera sans grande angoisse de son père à un jeune homme. Elle liquidera son complexe d’œdipe alors naturellement.

 

L’angoisse de castration vaginale :

En découvrant le mystère de la naissance, la fille a peur de la souffrance que cela doit provoquer. C’est l’angoisse de castration vaginale ou viscéro-vaginale (angoisse de viol)

Si la mère n’est pas névrosée et laisse sa fille s’émanciper naturellement, les choses se passent bien.

Au contraire, si la mère sape la confiance que la fille a besoin d’avoir en elle, lui présente la vie maternelle comme une suite de douleurs ; la vie conjugale comme suite d’obligations…alors les sentiments de culpabilité de la fille par rapport à sa mère amène la fille à présenter un complexe de castration pathologique. Cela se traduira par des fantasmes terrorisants : une bête va la dévorer, un couteau va lui pénétrer le corps, son ventre va être perforé ou éclater…

Une régression libidinal peut s’opérer mais, la fille peut encore se défendre de cette angoisse par le renoncement à son narcissisme féminin normal ou par la projection de son agressivité contre sa mère sur la fatalité, c’est à dire la certitude de ne pas avoir la possibilité de rivaliser avec les autres femmes.

Si la régression n’est pas trop forte, que la fille n’a pas abandonné la lutte passive ; au moment ou elle sera courtisée, elle reprendra son développement ou il s’était arrêté.

Quand à la puberté, elle apprendre qu’elle est devenue femme, la rivalité avec la mère se soldera par une conquête des libertés de goûts, de vêtements, de sublimations culturelles. L’enfantement, conséquence de l’amour ne lui fera plus peur.

La prédominance passive de la libido féminine fera que quand un homme se présentera, elle redoutera de le suivre, se fera mériter et conquérir.

S’il y a une carence en affection paternelle, la fille peut rester perpétuellement dans l’attente, si un homme, substitue du père, ne vient à son secours réveiller la belle au bois dormant.

Au début du stade génital, la façon dont l’homme saura lui donner confiance en elle achèvera l’investissement génital. La femme sera alors capable inconsciemment de se détacher de sa mère dont elle sera devenue l’égale.

Cependant, alors que la femme est parvenue à l’objectivité du stade génital, elle reste toujours attaché à son père avec une tendresse particulière.

Au stade génital, pour l’homme, c’est « donner de lui » à l’œuvre commune, alors que pour la femme, c’est « se donner à cette œuvre.

 

Bibliographie

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Karine Peltier, psychologue et psychosomatoanalyste à Tours