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Paranoïa:
de la vie à la
mort, l’authentique ébranlé par l’inconstance
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La
paranoïa s’inscrit dans les structures psychotiques avec déni de la réalité,
à partir d’un cadre affectif et éducatif rendu mobile en permanence, dénué
de sens direct pour permettre une accroche stable. Elle survient chez les sujets
hyperémotifs, sensibles, timides, mais : « le paranoïaque réprime
ses désirs et son agressivité dirigés vers la mère, puis vers le père. Chez
les parents, on trouve un père faible usurpant une place de père dominant qui
masque une mère phallique narcissique » (E. Dietrich).
La
structure paranoïaque est donc caractérisée par l’isolement et le rejet du
monde environnant, dont la crainte répond à un enjeu vital. La paranoïaque se
sent en permanence dans l’insécurité parmi les autres. Le monde manipule,
joue faux et lui fait peur. Il s’en retire donc et développe de façon idéaliste
un désir de relation authentiquement simple, dénuée de bénéfices qui
pervertiraient la relation. Pour le paranoïaque, l’isolement est subi et mal
accepté mais désiré, d’où une hyperrigidité idéologique et un mode d’être
dans la revendication permanente.
Après
une rétention prolongée des expériences pénibles, le délire éclôt
brutalement, envahissant sur un mode persécutoire et sur un fond de dépression
tout le système relationnel.
Le
délire paranoïaque systématise une interprétation délirante de la
situation, tout en conservant une clarté dans la pensée du sujet. Il est
caractérisé par la fausseté du jugement avec une tendance à des interprétations
non objectives, une susceptibilité excessive qui engendre facilement des réactions
d’agressivité. Le paranoïaque surestime pathologiquement son « Moi »,
doute et se méfie de tout. Il est socialement inadapté et peut réenclencher
ainsi, de façon systématique, son délire et nourrir son idéal.
Le paranoïaque survit plus qu’il ne vit. Mais il
pense vivre parce qu’il croit. La réalité lui renvoit son erreur, qu’il
interprète aussitôt comme une mise en danger. Le monde n’est pas protecteur,
il est agressant et instable. Il lui préfère, par défaut, sa solitude rêveuse
et morbide. J. Lacan insiste sur « le sens autopunitif de la paranoïa,
qui enferme le sujet dans un système de persécution imaginaire ayant la valeur
d’un châtiment inconsciemment désiré ».
Bibliographie
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