|
|
|
|
Les enfants victimes d'abus sexuelsObjectifs1. Décrire les différentes formes possibles d'abus sexuels. 2. Donner les caractéristiques épidémiologiques des abus sexuels à enfants. 3. Citer et décrire les deux facteurs importants intervenant dans les conséquences d'une agression sexuelle. 4. Donner les conséquences habituelles de l'inceste pour l'enfant. 5. Décrire les caractères types d'une famille "à risque" d'inceste. 6. Décrire la conduite à tenir en cas d'abus sexuel extra et intra familial. Les abus sexuels se définissent comme la participation d'un enfant ou d'un adolescent mineur à des activités sexuelles qu'il n'est pas en mesure de comprendre, qui sont inappropriées à son âge et son développement psychosexuel, qu'il subit sous la contrainte par violence ou séduction ou qui transgressent les tabous sociaux. On distingue deux types d'abus sexuels :
On peut également distinguer trois types d'abus selon la gravité de l'acte :
Le phénomène des abus sexuels est maintenant bien connu ; il semble très fréquent puisque d'après les différentes enquêtes, il semble que l'on puisse retenir qu'une fille sur huit et un garçon sur dix sont victimes d'abus sexuels avant l'âge de 18 ans. Une fille sur 25 et un garçon sur 33 seraient victimes de viol ou d'inceste. Dans 85 % des cas, l'enfant connaît son agresseur (parent, ami de la famille, voisin) ; dans 40 % des cas, c'est le père ou celui qui joue ce rôle ; 8 fois sur 10, les abus sont répétés. La grande majorité des abuseurs sont des hommes (97 %). Les enfants de tous âges sont concernés, garçon ou fille ; ils sont généralement âgés de 4 à 11 ans ; 22 % ont moins de 6 ans. Chez l'adolescent et plus spécialement l'adolescente, il faut penser à des comportements incestueux devant certains actes de délinquance (fugue, absentéisme scolaire) ou lors de tentatives de suicide, ou lors de certains troubles psycho-somatiques. Les conséquences d'une agression sexuelle chez l'enfant
dépendent de plusieurs facteurs : du degré de préparation de l'enfant
à un évènement de ce genre et de la réaction de son environnement s'il en
parle. Les enfants victimes de violences sexuelles présentent souvent un choc psychologique se traduisant par de l'anxiété, un état dépressif, des cauchemars, de l'insomnie qui nécessite une psychothérapie. Mais la durée de ces troubles et leur intensité dépendent essentiellement du comportement de l'entourage. Les incestes ont des effets plus sérieux et plus durables, surtout si l'inceste a commencé dès le jeune âge, se prolonge parfois plusieurs années, si l'agresseur est le père ou le beau-père, si l'évènement est tenu secret pendant une longue période. La victime d'un inceste est habituellement envahie par un sentiment de culpabilité et de honte qui conduit à un état dépressif et à un comportement d'autodestruction et, devenue adulte, elle présentera souvent de sérieux problèmes sexuels.
La conduite à tenir : Il faut naturellement intervenir notamment dans tous les
cas sévères mais le problème est complexe. En Angleterre : les interventions d'organismes privés ont été considérées comme une alternative valable à l'intervention d'institutions officielles. Ces organismes apportent une aide et une éducation parentale aux familles à risque. Ils ont l'avantage d'offrir une aide anonyme et discrète. Il est certes difficile d'évaluer la qualité de cette aide mais si le cas doit, par la suite, être déclaré aux autorités, les familles sont mieux informées et préparées aux conséquences. La prévention est naturellement préférable à l'intervention succédant à l'évènement. Il faut éliminer ou réduire le nombre de personnes susceptibles de commettre de tels actes : c'est difficile. L'amélioration des conditions de vie des familles ayant
des jeunes enfants peut réduire le nombre des familles "dysfonctionnelles"
qui favorisent l'inceste. La thérapie familiale et des conseils peuvent être
offerts aux familles à risque.
|