Le choix et le Libre Arbitre,

réflexion à partir de la philosophie ontologique.

 

 

 

 

Pour vous aider à comprendre l'importance du choix et du libre arbitre, nous allons, à partir d'une analyse très succincte de certains courants philosophiques, essayer de vous faire comprendre combien il est important que l'homme existe en tant que tel face à lui-même. L'homme doit se découvrir pour se comprendre, se poser à distance de lui-même et s'étudier. L'objectif de la phrase de Platon « connais-toi toi-même » est la connaissance, la même recherche se retrouve chez Descartes « la vérité est à découvrir et non à construire, le probable n’est jamais probable » et Friedrich Nietzsche "deviens ce que tu es, c’est à dire ce que tu n’es pas". Ces démarches nous enseignent que la recherche est une démarche spirituelle qui s'inscrit loin de la pensée dogmatique, de ses axiomes et de ses postulats.  Pour Baruch Spinoza : « le réel est la substance conçue par Soi (…) l’être s’exprime par son agir et le désir est un effort de chacun pour préserver son être », ainsi, l'Être véritablement libre est celui qui existe par lui-même et pour lui-même, sans avoir besoin du "regard" de l'autre, il s'exprime par des "actes" et des "choix".

La connaissance de "l'Être tel qui est" est fondamentale, ainsi au XIXe siècle, certains phénoménologues, anciens élèves de Husserl, orientent la pensée phénoménologique vers l'ontologie (la connaissance de l’être), l’anthropologie étant plutôt tournée vers la connaissance de Soi.

Pour Heidegger, l’homme est le seul à pouvoir s’interroger sur l’Être puisqu’il est le seul étant, l'Être se retire pour permettre d'appréhender l'étant.

Pour nous thérapeutes, nous intervenons au niveau de l'étant, sous ses différentes formes d'Être-là.

"La question de l'être est dans la nécessité de trouver et de commencer par s'assurer le bon moyen moyen d'accès à l'étant. Est étant tout ce dont nous parlons, tout ce que nous pensons, tout ce à l'égard de quoi nous nous nous comportons de telle ou telle façon ; ce que nous sommes et comment nous le sommes, c'est encore l'étant. L'être se trouve dans le fait d'être comme dans l'être tel, il se trouve dans la réalité, dans l'être-là-devant, dans le fond subsistant, dans la valeur, dans l'existentia, dans le " il y a ". L'être  de l'étant se rencontrant d'emblée au sein du monde, qui peut se trouver et se déterminer en traversant et en dépassant l'étant qui se rencontre d'emblée afin de dévoiler dans ce qu'il a de spécifique. La question de l'étant n'est pas trop difficile à résoudre mais celle de l'être demande une vie de cheminement”.

Pour Jean-Paul Sartre, l’homme est présence au monde, « l’Être qui est ce qu’il n’est pas et qui n’est pas ce qu’il est ». Ainsi la conscience étant conscience de quelque chose d’autre, elle n’est pas mais elle existe.

Arthur Schopenhauer en s’attaquant au désir comme «racine du mal » le reconnaît comme faisant partie de l’homme, «l’homme est un être de désir » (J. Baechler). Si l'homme est fondamentalement désir et obsédé par ce dernier, si l'homme est conscient de cela et capable de s'interroger, ce désir est pour nous professionnel un indicateur essentiel dans ce travail méthodologique qui utilise le raisonnement  inductif. Les certitudes sont les pièges les plus monstrueux qui se présentent au thérapeute pour l'égarer. En conséquence il nous est possible de constater des concordances méthodologiques entre les concepts thérapeutiques et la présence philosophique ontologique.

Il nous semble difficile de ne pas se questionner sur le concept du «libre arbitre » qui pose la question de connaître l’opinion de l’homme quant à la conformité à la loi et son opinion sur ses propres actes et choix.

La liberté se définit par rapport aux limites que lui pose l'individu lui-même, l'homme a la liberté qui lui permet de choisir et de maîtriser ses actes. Pour Leibniz la liberté consiste dans la capacité de se déterminer par des raisons, au lieu d'être déterminé par des causes.

Ainsi, faire et exercer des choix signifient : exprimer ses désirs et les mettre en acte dans les limites de sa volonté libre et de la connaissance de Soi. Pour Kant, cette volonté pose en elle-même, la loi à laquelle devrait obéir tout être raisonnable. La capacité de maîtriser la mise en acte de ses désirs permet d'appréhender la valeur éthique et ontologique de l'individu.

Le libre arbitre, c'est la possibilité pour chacun d'être responsable de ses choix et de ses actes. Le libre arbitre concerne l’acte par lequel la volonté se conforme à la loi ou se révolte contre celle-ci.

Selon Kant, le délinquant, en tant que personne, dispose de la liberté qui lui permet de gérer son libre arbitre.

D'un point de vue criminologique, l'homme est libre de ses actes, si ces actes nuisent à autrui, il devra en répondre, selon la loi en vigueur. La liberté est un compromis entre la liberté d'exercer ses choix et le respect d'autrui.

Le choix, c'est la liberté pour l'homme de trouver un compromis qui permet de réaliser ses désirs égoïstement tout en respectant le droit étatique et son entourage. Comme nous l'avons abordé en PNL, l'affirmation de Soi propose un compromis permettant à la personne d'exprimer librement sa personnalité, tout en continuant à être accepté dans le cadre social sans créer des réactions négatives dans son entourage
Dans la recherche d'un compromis qui implique plusieurs personnes, donc dans un climat de négociations qui reste toujours plus ou moins conflictuelles, il faut que le libre arbitre de chacun puisse s'exercer pour qu'une issue  réaliste ait la possibilité de s'inscrire dans un accord contractuel, le compromis en profondeur pourra quant à lui peut-être s'inscrire dans un accord de type fusionnel.

La réussite d'une négociation ne peut être qu'une résultante, une conclusion du dialogue.

Tout conflit est destiné à disparaître devant la nécessité d’un compromis. La négociation s’inscrit trop souvent dans l’illusion,  la négociation n’est pas équitable, elle est dépendante des pouvoirs en place.

Négocier est devenu un terme très à la mode : négociation militaire, négociation politique, négociation juridique, négociation policière … négocier un divorce (!)

La négociation est un enjeu, l’enjeu d’arriver à un consensus qui implique de nombreux compromis et qui doit tenir compte du libre arbitre de chacune des parties. Trop souvent, la négociation devient le but à atteindre, la finalité de cette dernière s’estompe au profit d’un autre objet, la manifestation de «la bonne intention » des négociateurs. Les tactiques les plus perverses sont alors rendues possibles puisque la légitimité de l’intention n’a plus besoin d’avoir une commune mesure avec la réalisation des actes.

Il suffit de jouer le jeu, et une telle mascarade ne trompe pas les protagonistes méfiants qui utilisent plutôt l’arme de la fausse rupture comme principe de relance, comme si parfois aucun des protagonistes n’avait voulu mettre un terme à la recherche d’un accord.. La permanence de la négociation est un simulacre, ce qui va faire figure de sécurité pour les observateurs c’est la pérennité même du processus de négociation avec tous ses effets pervers.

La gestion des relations affectives et professionnelles suppose une négociation continuelle. La légitimation des intérêts passe par des stratégies manipulatrices, de persuasion et de compromis. Ainsi, résoudre l’arbitraire et arriver à une négociation se fonderaient sur le respect des valeurs morales, le respect de l’Autre et la reconnaissance de la personne humaine en tant que telle, ce n’est malheureusement que peu souvent le cas.

La négociation est un jeu, faites semblant d’y croire.

Comme le disait Pascal, pour avoir la foi, il faut se mettre en condition, elle viendra toute seule ?

N’oubliez donc pas d’apprendre à jouer pour éviter de toujours perdre dans une négociation.  

Le refus de négocier est toujours, peut-être à tort, que ce soit en entreprise, dans la vie politique ou familiale, le signe d’un manque de compréhension, d’une volonté totalitariste, d’une certaine rigidité associée à une étroitesse d’esprit. Pourtant, on peut refuser toute forme de négociation par dégoût du consensus quand les concessions finissent par devenir des signes de mort. La gestion de la vie quotidienne peut paraître horrible si le moindre échange fait l’objet d’une négociation. La consensualité dans la vie conjugale est effrayante dès qu’elle anéantit la violence des passions. L’anarchie des désirs, bien qu’elle puisse provoquer la souffrance, demeure plus séduisante que la neutralité des compromis réalisés.

On n’écrase pas sans risque la puissance de l’arbitraire sans risquer de transformer toute expression de la souveraineté en pétrification consensuelle !

Personne n’est dupe : dans une négociation, celui qui gagne est bien celui qui fait accepter son propre arbitraire par l’Autre tout en lui démontrant que la négociation est mise en place pour lui et voir même dans son arbitraire !

Ainsi, haut plus haut degré de perversité des relations humaines, le refus de négocier, en ne s’affichant jamais comme tel, devient une arme redoutable. La négociation ne serait-elle pas, si elle est utilisée dans un cadre pervers, un principe d’autodestruction pour certaines parties. La négociation, ainsi, a pour but d’anéantir la violence des contradictions par un processus d’accumulation de compromis qui semblent souvent plus catastrophique que la confrontation directe à toute forme de destruction.  Ainsi, nous voyons, dans un couple en conflit par exemple, avec un mari dont la dangerosité est reconnue, à quel point la mode de la négociation est dangereuse, elle se fera toujours au profit du pervers.

Une telle question ne se pose pas seulement dans la vie des couples et des familles, mais aussi en entreprise, en politique et dans les guerres de territoires. Celui qui accepte le compromis passe pour un vendu aux yeux des extrémistes qui refusent de se soumettre.

Comme la violence irréductible ne mène à rien, le culte démocratique de la négociation est toujours consacré par la nécessité de la neutraliser. Ainsi, pour arriver à une négociation qui peut lui être profitable, le pervers va créer un climat de violence irréductible, forçant les autres à aller vers une négociation qu’il n’a plus qu’à feindre d’accepter.

Le sens des revendications exprimées par la violence subit une réduction qui rend le compromis acceptable. Ce jeu pervers est masqué par l’apparence réciprocité des concessions de telle manière que la négociation puisse rester l’unique voie possible.

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Dans le présent article Être a été écrit avec une majuscule pour insister sur l’importance de ce concept, mais en en phénoménologie cela s’écrit avec une minuscule.  

 

un article du Docteur Erick Dietrich

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