La
méthodologie
Nous entendons la totalité des méthodes
mises en œuvre pour connaître et comprendre les objets étudiés et pour évaluer
les résultats obtenus.
Nous étudierons comment est pratiquée
l’enquête, comment sont regroupées les données et quels sont les outils
utilisés…
Aspects
Criminologiques
L’objectif est de comprendre les
actions criminologiques pour apprendre à les reconnaître et à les expliquer
afin d’alerter les autorités compétentes et de leurs proposer des mesures
dissuasives et préventives.
Face aux actions criminologiques, il
faut :
-
Rechercher le “POURQUOI” l’acte a été commis,
-
Comprendre la
causalité déterminante,
-
Repérer l’ensemble des motivations sur un mode individuel,
-
Anticiper une prévention situationnelle,
-
Prévoir
une réponse institutionnelle adaptée
Les
Trois Grandes caractéristiques des techniques de harcèlements :
1/
Triple modèle
Opératoire
-
Opérations noires et blanches
-
Techniques de management de
l’information Utilisation de la Rumeur et de la diabolisation
Désinformation
-
Utilisation
de réseaux d'influences
2/ Triple Harcèlement
Psychologique, Physique,
Professionnel
3/ Triple
Destruction
-
De la personne
-
De la famille
-
De l’entourage
Aspect
Victimologique
La victimologie
concourt à l’étude de celui ou celle qui a subi injustement un préjudice.
Au regard de la loi, la victime est en droit de demander réparation. Le champ
de la victimologie qui considère que la réparation est aussi importante sur le
plan symbolique que financier, est plus large que celui du droit qui se contente
de définir la victime par opposition au délinquant. Le dédommagement peut-être
demandé devant un tribunal civil, le tribunal pénal quant à lui statuera sur
la réparation et la punition.
La
“Victime” : on entend par
victimes des personnes qui, individuellement ou collectivement, ont subi un préjudice,
notamment une atteinte à leur intégrité physique ou mentale, une souffrance
morale, une perte matérielle ou une atteinte grave à leurs droits
fondamentaux, en raison d’actes ou d’omissions... (Résolution N° 40-34
O.N.U...),
La
“victime” est un individu qui reconnaît avoir été atteint dans son intégrité
personnelle par un agent causal externe ayant entraîné un dommage évident,
identifié comme tel par la majorité du corps social (Lopez, Bornstein,
Filizzola).
La
Victimation, Caractéristique
La Victimation
1/ Les modèles de Victimation
victimes manifestement harcelées et persécutées
victimation grave avec souffrances psychologiques et physiques,
victimation fréquente avec sentiments d’injustice
victimation prolongée et répétée d’un terrorisme psychologique
2/ Réactions et suite de la victimation
Processus d’exclusion symbolique et sociale
Décompensation Psychologique et Troubles Psychiatriques
Devenir de la victime (se victimise ou devient agressive)
Victimation de la famille et de l’entourage
Pronostic Sévère
Prise en charge complexe :
médicopsychologique, sociale, juridique
La Victime
-
La sélection de la victime n’est pas liée au hasard
-
Les caractéristiques
et le statut social de la victime jouent un rôle important dans le choix des
stratégies opérationnelles mis en oeuvre
La victime est un
objet parce qu’elle a été choisie par le pervers, elle devient donc bouc émissaire
et responsable de tout, en devenant la responsable elle évite au pervers
d’avoir à se remettre en cause.
Attention :
la psychanalyse risque de nous laisser à penser que la victime est soit
masochiste, soit soumise. Le pervers confronte la victime a ses failles et aux
traumas oubliés de son enfance. Le pervers sait parfaitement bien catalyser les
sentiments d’autodépréciation, d’autodestruction et de culpabilité. Les
victimes ne sont pas véritablement dépressives, hystériques, masochistes…
les pervers sait simplement utiliser ces traits de leur personnalité.
La victime idéale
est celle qui a une propension naturelle à se culpabiliser.
Le pervers peut
choisir des mélancoliques (car ils se sacrifient du fait de leurs culpabilités
permanentes) et le dépressifs (qui s’offrent par amour et par manque).
Les conséquences
de la phase d’emprise sont le désistement (acceptation de la
soumission), la confusion (les victimes sont anesthésiées), le doute et le
stress. La peur et l’isolement finissent par mettre la victime à distance du
monde et à la lier encore plus au pervers.
Ainsi, ils
arrivent que les victimes deviennent protectrices de leur agresseur, elles se
retrouvent dans la situation paradoxale de défendre l’agresseur car elles
sont dans l’illusion qu’il ne faut surtout pas en rajouter.
Ainsi, dans
certain cas de harcèlement, la victime est choisie par le ou les agresseurs.
1/
Opérations blanches : harcèlement psychologique et professionnel
Utilisation de la rumeur et de la
diabolisation : l’objectif est la décrédibilisation en utilisant les
accusations, les dénonciations et en renforçant la rumeur. Cette attaque a
d’autant plus de poids qu’elle émane de personnes honorables.
2/
Opérations noires : harcèlement physique et psychologique
Harcèlement Psychologiques : Lettres
anonymes, appels anonymes, menaces, vol et recel, falsification de documents,
subornations de témoins, atteintes aux biens...
Agression Physique sur la personne
cible et Harcèlement Psychologique sur l’entourage utilisé dans un but de
harcèlement physique destiné à engrammer la peur.
3/ La propagande
1/
la propagande de source apparente (noire qui provient d’une autre source que
la vraie, grise qui n’indique aucune source ou blanche dont la source est
connue et honorable),
2/
la propagande à objectif qui vise des personnes-cibles amies et neutres pour
renforcer leur adhésion et leur complicité,
3/
la propagande fractionnelle qui vise les personnes-cibles ennemies pour leurs
saper le moral, les diviser, les mettre dans le stress et la paranoïa
* La Technique du
Harcèlement
1/
Le Harcèlement Psychologique et Professionnel :
-
La technique de base : une rumeur calomnieuse et diffamatoire est associée aux
opérations noires, aux opérations blanches, aux opérations de propagande.
2/
Le Harcèlement Physique et psychologique
La
base de cette stratégie opérationnelle consiste en l’utilisation couplée
d’opérations noires avec les opérations décrites ci-dessus.
3/
La Rumeur
Grâce
à la rumeur, la culpabilité est acquise.
4/
La diabolisation
Elle
permet de désigner la victime comme bouc émissaire et la met, face à une
telle accusation, dans une position de culpabilité.
* L’utilisation
de la rumeur
En préalable (plusieurs mois avant le
début de l'action) :
1/
Prévoir une stratégie d'utilisation de supports de l’information
2/
Prévoir une propagande sur un thème porteur
Éléments
qui doivent être présents
sur le terrain (dès le début de l'action) :
1/
Il faut que dans le support soient présents des éléments qui puissent
catalyser la rumeur ; donc que la personne provoque de par son comportement ou
son mode d'être "la jalousie/envie et ou la peur", il faut qu'elle
soit :
soit
une notoriété ou un personnage public,
soit
différente,
soit
dans une forme de "supériorité" qui renvoie les autres dans
"l'infériorité"
soit
dans une grande vitalité et une grande transparence,
Donc
un support aux fantasmes.
2/
Le climat doit être propice au développement de la rumeur
3/
Le milieu doit être conservateur et reprocher à l'autre d'être différent
4/
L'autre ou les autres doivent se sentir inférieurs
5/
Décupler les sentiments vengeurs, de colère, de peur de l'autre afin de lui
faire perdre toute objectivité,
La
diabolisation est enfin rendue possible grâce à la rumeur qui a généré les
fantasmes de chacun, et plus cette rumeur dévoile en cachant plus elle est
source de fantasmes.
Pour renforcer la rumeur il faut
utiliser la victime et la pousser stratégiquement à :
1/
Penser que tout le monde est au courant
2/
Faire un démenti (ainsi la rumeur est à contrario confortée)
3/
Augmenter la pression des groupes (travail, loisir, famille, cercles privés...)
4/
La pousser à porter plainte sans l'assistance d'un avocat à la police, qui a déjà
une conviction du fait de la rumeur, les forces de police ne sont d'emblée plus
neutres, en effet la police donne ses convictions aux magistrats instructeurs
qui gardent bien souvent la même ligne directrice,
Ainsi,
selon l’historien Richard Plant. La propagande, comme la rumeur, va chercher
des éléments «haineux » dans la population pour les activer.
Extraits de cours
de l’école de Guerre :
“...sur les buts de l’utilisation
du triple modèle opératoire et du triple harcèlement :
1. Les trois buts fondamentaux des opérations
psychologiques sont les suivants :
a/ Affaiblir la volonté de la cible
(mises en place d’attaques contre la cible ou des personnes-cibles
susceptibles de devenir les complices de la cible),
b/ Renforcer les sentiments de loyauté
des personnes cibles-amies,
c/ S’assurer le soutien des personnes
non-engagées...”
Extraits de cours (guerre et
contre-espionnage industriel) : “La contre-information est donc différente
des techniques de désinformation employées par les services spéciaux mais
elle répond aux même contraintes et requiert les mêmes qualités que
l'attaque par l'information : renseignement préalable, maîtrise des mécanismes
psychologiques et psychosociologiques, maîtrises des principes et techniques de
communication (y compris publicitaires), connivence avec les médias de masse,
etc... C’est la raison pour laquelle toute prévention contre une attaque
insidieuse par l’information ouverte suppose la connaissance et la maîtrise
des techniques offensives de guerre de l’information.”
Par
le Docteur Erick Dietrich

Dr F Garden-Brèche
Mai 1999
Par rapport à la population générale, un point crucial
est à noter dans l'étude de nos sujets exerçant des professions à risques,
ceci tout aussi bien en ce qui concerne l'étiopathogénie que la clinique qui
sera abordée plus loin. En effet si pour les "victimes" de
catastrophes ou d'agressions, au sens primaire du terme, il s'agit d'une
confrontation inattendue, brutale et non préparée au traumatisme physique ou
psychique, dans le cas de nos professionnels, il existe obligatoirement,
si ce n'est une préparation technique et mentale poussée, tout au moins une
attente de l'événement auquel ils vont être confronté. Cette attente
peut jouer un double rôle dans la préparation mentale à la confrontation au
drame :
-soit une aide précieuse qui jouera un rôle de "pare-choc
mental",
-soit par un recours trop poussé aux fantasmes et une tendance à l'exagération
des événements, à la préparation de troubles post-traumatiques.
Quoiqu'il en soit, les professionnels, même avant toute participation
personnelle aux secours, seront confrontés pendant leur temps de travail, à
une attente plus ou moins anxieuse, selon leur entraînement et leur expérience,
des événements à venir.
Des travaux sur l'anatomo-physiologie, la neuromédiation, l'immunologie, la génétique,
la psychophysiologie, le comportementalisme et le cognitivisme se sont multipliés
chez l'animal tout d'abord, puis chez l'homme essentiellement depuis la guerre
du Viêt-Nam.
Certains de ces aspects permettent ensuite de mieux comprendre le déroulement
pathologique des troubles psychiques.
1- Les aspects biologiques.
Dans le cadre des études initiées par H.SELYE sur le stress, et notamment sur
la différence entre les effets immédiats et différés, de nombreux programmes
de recherche ont été développés sur les animaux (immobilisation, choc électrique,
nage forcée, compétition pour la nourriture...) puis sur les humains avec études
comportementales et dosages biologiques in vivo et in vitro.
Plusieurs facteurs, extérieurs au traumatisme lui-même, interviennent et sont
fondamentaux dans la réaction au stress : âge, environnement, fatigue préalable
et surtout l'expérience antérieure de phénomènes identiques ou assimilables.
Les principales substances étudiées sont les catécholamines, les glucocorticoïdes,
les peptides opiacés et la défense immunitaire.
a- Les catécholamines et les glucocorticoïdes.
Selon O.KUCHEL (13), il existe deux types de réponses aux agents stresseurs :
- homéostasiques, servant les fonctions adaptatives habituelles, avec
peu de variations individuelles et sous la dépendance du système nerveux
autonome.
- généralisées, consécutives à des perturbations sévères et
prolongées et mettant en jeu le système hypothalamo-sympathique (réponse brève
et immédiate) et l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (réponse lente et
continue). L'organisme répond à une agression physique ou psychologique par
une libération de corticotrophine (ACTH) à partir de l'hypophyse antérieure,
de glucocorticoïdes par le cortex surrénalien, d'adrénaline par la médullo-surrénale
et de noradrénaline par les fibres post-ganglionnaires du système nerveux
sympathique.
a.1- Les catécholamines
Au cour du stress, les catécholamines ont une synthèse augmentée et
une dégradation diminuée par le jeu des mécanismes enzymatiques, eux-mêmes
régulés par la corticotrophine (ACTH) et les glucocorticoïdes. L'augmentation
de la libération de dopamine périphérique est parfois supérieure à
celle de la noradrénaline. Les augmentations de l'adrénaline et
de la noradrénaline ont été prouvées par de nombreux travaux portant
sur des sujets victimes de catastrophes (Three Miles Island) ou des vétérans
de la guerre du Viêt-Nam.
Il est à regretter d'ailleurs qu'il n'existe à l'heure actuelle pratiquement
aucune étude biologique sur les intervenants en situation de crise.
a.2- Les glucocorticoïdes
Ils interviennent, essentiellement par le cortisol, par une modulation des réactions
de défense de l'organisme. Leur synthèse est sous la dépendance de la
corticotrophine (ACTH), probablement par le biais de l'AMP cyclique. Le cortisol
exerce un rétro-contrôle direct sur l'ACTH, mais aussi par l'intervention du
Corticotrophin Realising Factor (CRF) issu de l'étage hypothalamique. Au cours
du stress, l'augmentation initiale de la synthèse des glucocorticoïdes
est suivie d'une inhibition secondaire, par la mise en jeu de nombreux
neuro-transmetteurs.
| Type
de stress |
Noradrénaline |
Cortisol |
| Stress
aigu sans stress antérieur |
Augmentée |
Augmenté |
| Stress
chronique sans stress antérieur |
Augmentée |
Diminué |
| Stress
aigu avec stress antérieur |
Très
augmentée |
Très
augmenté |
| Stress
aigu avec stress précoce au stade néonatal |
? |
Diminué |
Tableau I
b- Les peptides opiacés
Les interactions entre les catécholamines et les peptides opiacés sont
nombreuses, tant au niveau central que périphériques.
La bêta-endorphine, d'après S.R. SNIDER et O.KUCHEL (13), agissant au niveau
central sur les récepteurs opiacés, pourrait aussi agir au niveau périphérique
et prendre part aux mécanismes catécholaminergiques bêta-adrénergiques, qui
participeraient à l'augmentation de la pression artérielle.
I.P. BURGES-WATSON et al. (13), dans une revue de la littérature sur le PTSD,
relèvent le rôle des enképhalines et des endorphines, dont les récepteurs
seraient distribués parallèlement à ceux des opiacés ; le rôle analgésique
de ces derniers a fait suggérer une activité centrale des enképhalines et des
endorphines dans la diminution de la réponse affective au stress, particulièrement
dans la douleur.
R.M ROSE a établi des travaux sur le rôle possible des peptides opiacés
dans l'euphorie, qui à notre avis pourrait expliquer, tout au moins sur le
plan biologique, l'émergence des puissantes motivations que l'on retrouve chez
les professionnels à risques, pour qui la sensation éprouvée lors des
interventions, en particulier des plus difficiles, devient un besoin parfois
physique. De plus, on note fréquemment une sensation de "manque"
physique et psychique, chez ceux qui, pour des raisons quelconques, ont dû
quitter ce type d'activité à haut stress. Toute relativité gardée, il faut
avouer que la tentation d'établir un parallèle avec les sujets dépendants des
substances opiacées est grande et contribuerait à renforcer les théories énoncées
par les chercheurs.
B.A. VAN DER KOLK et al., insistent sur l'importance du locus cruleus et de ses
connexions avec l'hippocampe et l'amygdale, donc du circuit intervenant dans la
mémoire, y voyant un support des cauchemars traumatiques, mais aussi des réactions
de peur et d'agression par une altération de la réponse émotionnelle. Ces
auteurs ont enfin proposé, par analogie entre les symptômes du PTSD et ceux du
sevrage aux opiacés, l'hypothèse d'une "addiction au stress"
permettant le maintien d'un taux élevé de peptides opiacés.
c- Les autres modifications biologiques.
D'autres hormones anté-hypophysaires sont mobilisées par les stress, notamment
l'hormone de croissance (GH) et la Prolactine, elles-mêmes sous la dépendance
d'influences stimulantes ou inhibitrices de divers neuro-médiateurs.L'augmentation
initiale de la GH est freinée en cas de prolongation de la situation de stress,
de même que l'axe thyroïdien.
Retour sommaire
2- Les aspects
psychophysiologiques.
Liés aux études biologiques précédentes, ils s'inscrivent souvent dans une
perspective comportementaliste. Selon S.P ORR, il n'existe que peu de marqueurs
d'une psychopathologie ayant une sensibilité et une spécificité suffisantes,
par insuffisances de définition des critères d'inclusion et des méthodologies.
Nous étudierons successivement la latéralisation hémisphérique, la réaction
de sursaut, le sommeil et la mémoire.
a- La latéralisation hémisphérique
Suite aux études de divers auteurs (KARDINER, SPIEGEL), il a été noté, chez
des sujets traumatisés lors de la deuxième guerre mondiale, des perturbations
sensitives habituellement localisées au côté gauche chez les droitiers et
inversement.
J.O. BRENDE montre, chez des vétérans du Viêt-Nam, une relation entre le type
de symptômes du PTSD et l'hémisphère (les souvenirs traumatiques étant liés
à l'hémisphère droit non dominant et l'hypervigilence et l'agressivité liés
à l'hémisphère gauche dominant). Suite à des recherches sur les personnalités
multiples, il démontre une "personnalité protectrice" se défendant
contre l'environnement et les souvenirs post-traumatiques, associés aux
fonctions cognitives de l'hémisphère gauche et une "personnalité
victime" recourant à la répétition de situations émotionnelles, sous la
dépendance de l'hémisphère droit.
b- La réaction de sursaut.
Sujet de prédilection des études, tant chez l'animal que chez l'homme, les méthodes
les plus utilisées pour mesurer la Startle Response sont l'enregistrement de la
fréquence cardiaque, de la pression artérielle et de l'EMG notamment facial.
Les stimulations les plus employées sont auditives, visuelles, thermiques ou présentées
en imagination.
J.H. KRYSTAL récapitule les modèles animaux du PTSD et l'impact de divers médicaments
et toxiques. La perception d'un danger, comme par exemple une lumière
associée à un choc électrique, s'accompagne d'une majoration de la réaction
de sursaut au stimulus. Les voies anatomiques mises en jeu sont l'oeil, le
corps géniculé, le cortex visuel, l'amygdale et la formation réticulée. La réaction
de sursaut est atténuée par la clonidine, les neuroleptiques, le propanolol,
la buspirone, l'alcool et les opiacés; en revanche, les sérotoninergiques ont
peu d'effet ; la naloxone, l'alcoolisation chronique et le sevrage alcoolique
augmentent la réaction de sursaut.
Au cours d'études chez l'homme, on constate lors de la comparaison entre des
groupes de patients présentant un PTSD et des groupes de sujets indemnes :
-une augmentation plus importante de la fréquence cardiaque,
-une augmentation plus importante de la pression artérielle, des réponses
de l'EMG facial,
dans les groupe des PTSD soumis à des stimulations identiques à l'autre échantillon.
M.E. Mc FALL et al. projettent à dix vétérans du Viêt-Nam avec PTSD et onze
vétérans sans PTSD, deux films de 10 minutes, l'un sur le combat, l'autre sur
des accidents graves de voiture ; les sujets porteurs du PTSD répondent plus
intensivement au film de combat quant à la fréquence cardiaque, la pression
artérielle et la détresse subjective et ce pendant plus longtemps que les témoins
(dont les réactions sont identiques selon le type de film).
c- Le sommeil.
Les études sont centrées sur l'architecture du sommeil et ses liens avec les
cauchemars traumatiques, l'impact des chimiothérapies et les différences avec
les troubles de l'humeur. Il en ressort :
- chez des sujets anciens combattants, la classique répétition au cours des
cauchemars des événements traumatiques mais aussi une plus forte
tendance à revivre des événements actuels, des mouvements de l'ensemble
du corps plus fréquents, et une répartition des cauchemars traumatiques sur
tous les stades du sommeil et non pas seulement dans les phases REM (Rapid Eye
Mouvement ou sommeil paradoxal).
- il existe une différence notable entre les troubles du sommeil du PTSD et
ceux des états dépressifs. M.J. FRIEDMAN et al., opposent PTSD et troubles de
l'humeur, en distinguant une dépression primaire associée au PTSD, dans
laquelle les altérations des REM au cours du sommeil sont caractéristiques,
alors que dans les dépressions secondaires au PTSD apparaissent les anomalies
des stades 1 et 2 .
Certains auteurs, dont R.J. ROSS et al., rapprochent les troubles du sommeil de
la réaction de sursaut d'une part et des troubles paniques d'autre part, mais
tous relèvent leurs différences par rapport à ceux des troubles de l'humeur.
- pour notre propre expérience, nous tenons à mettre en évidence le caractère
particulier des troubles du sommeil des intervenants dans la chaîne des
secours, notamment au sein des SAMU. Au delà de l'attente plus ou moins
anxieuse de l'intervention, comme nous l'avons déjà souligné, il existe
pendant les nuits de garde des phases de sommeil sub-normal, avec nécessité
de retour rapide à un niveau de conscience optimal.
Sur un simple appel téléphonique, parasitant n'importe laquelle des phases de
sommeil en cours, le sujet doit, dans les secondes qui suivent, retrouver
l'ensemble de ses facultés intellectuelles et physiques pour des interventions
de réanimation de victimes sur le terrain. Ce réveil "en sursaut"
peut se reproduire plusieurs fois par nuit avec nécessité de retour au sommeil
à la fin de l'intervention. On imagine facilement dans ce contexte l'effet à
long terme induit sur les cycles nocturnes de ces sujets qui finissent par se réveiller
au moindre bruit même en dehors des périodes d'activité, restant le plus
souvent dans des phases de sommeils superficiels et en constant état d'alerte.
d- La mémoire.
Les travaux physiopathologiques émettent l'hypothèse de l'importance de
l'amygdale et de l'hippocampe et plus particulièrement de l'hyperfonctionnement
amygdalien dans la réactivation des souvenirs traumatiques.
Toutes ces études psychophysiologiques sont à compléter dans l'avenir, mais
elles ont déjà un intérêt dans la catégorisation diagnostique et l'évolution
sous traitement du PTSD. L'analyse des situations expérimentales de sursaut
montre une bonne sensibilité et une spécificité meilleure encore. L'ensemble
des approches montre en outre l'importance des différents traumatismes, tant
dans leurs particularités immédiates que dans leurs antériorités.

|