Victimes, Que Faire ?
Chez les victimes chroniques, la dominante est la
soumission (très souvent nous voyons des processus de soumission passive avec
sadisme masqué qui peut éventuellement se libérer violemment), avec
toujours présente la solidité du couple harceleur/victime (sur le prototype
sado/maso), source de jouissance pour le harceleur, et très souvent de bénéfices
secondaires pour la victime.
On observe des syndromes post-traumatiques induits pouvant aller jusqu’au
délire très liées au plan émotionnel, ainsi que des syndromes anxio-dépressifs
majeurs et des troubles dissociatifs induits (ceux qui mettent à part de la réalité
sociale commune).
Les moyens actuels
Les moyens juridiques actuels sont en pleine
modification, il faut toujours voir un avocat pour savoir sur quel plan mené
sa défense (pénal ou civil), comment porter plainte, ce qu’il convient
d’écrire ou ne pas écrire, ce qu’il convient de dire ou de ne pas dire.
Le rôle du victimologue est essentiel car il est un
interface entre la victime et les différents acteurs : l’agresseur
et/ou le harceleur, la justice, l’entreprise, l’avocat …
Le rôle du victimologue va aussi permettre à la victime
de comprendre ce qui se passe et d’essayer de se mettre à distance des
« actings mis en place par le harceleur », tout en profitant du
soutien psychologique et de l’aide dans la stratégie de la communication
que va pouvoir lui apporter le victimologue, ce dernier ayant souvent une
action de type psychosomatothérapeutique.
Dans certains cas il y a lieu de mettre en place de négociations
destinées à une résolution des conflits, dans le cadre familiale mettre en
œuvre une prise en charge familiale élargie, avec groupes de parole, où se
déroulent des sortes de psychodrames individuels et/ou de groupe. La famille
ou les proches sont souvent les premiers à consulter. Qu’est ce que
c’est ? qu’est-ce qui nous arrive ? que faire ?
De fait dans bien des cas, il y a lieu pour LA VICTIME DE FAIRE le point et
de comprendre le Pourquoi, le Comment et éventuellement le A QUOI ça luit
sert d’être victime (questionnement qui peut-être en tant que tel un
processus de réflexion et d’introspection vécue comme agressif par la
victime). Toutefois il faut que soit présent à l’esprit de tout
victimologue que l’entourage immédiat n’a souvent que trop tendance à se
culpabiliser excessivement, et que ce peut être un piège redoutable que
d’accentuer des culpabilités névrotiques et/ou psychotiques.
Notre expérience est que, dans l’ensemble, il persiste
une grande insuffisance de vrais échanges entre ceux qui sont le plus
susceptibles d’apporter une connaissance historique et un thesaurus de
faits, et d’autre part les thérapeutes (psychiatres, psychologues,
victimologues, assistante-sociales, psychothérapeutes etc…). Ceux-ci vont
tenter de comprendre les inter-actions et les données historico-factuelles plus
souvent causes déclenchantes que déterminantes. Il ne s’agit certes pas
non plus de nier qu’il existe des milieux (familiaux, institutionnels,
sociaux, professionnels …) pathogènes. Il ne saurait être question de
minimiser la nécessité de l’intervention et de l’apport thérapeutique,
en particulier pour désamorcer les risques de déstabilisation secondaires.
VICTIME : Pour une définition
Le Guide de la Justice, " Les
droits des victimes ", propose une définition du statut
juridique de victime nécessitant 3 conditions :
une infraction pénale, un préjudice
et la charge de la preuve.
1) l’infraction :
dans de nombreux cas de harcèlement il est difficile de se constituer devant
un tribunal soit par plainte, soit par citation devant le Procureur, soit par
plainte avec constitution de partie civile devant le Doyen des juges d'instruction.
Ainsi, nous pensons que la
victimologie ne peut se limiter aux seules victimes qui ont subi un préjudice
au regard des législations nationales ou des normes reconnues en matière de
droits de l’homme.
Une victime est un individu
qui reconnaît avoir été atteint dans son intégrité personnelle par un
agent causal externe ayant entraîné un dommage évident, identifié comme
tel par la majorité du corps social.
Cette définition qui se réfère
à un individu souffrant, exclut la victime personne morale, laquelle est une
question importante, mais exclusivement criminologique.
2) Le préjudice:
corporel : blessures,
infirmité, préjudice esthétique (ex : cicatrices) et, de manière générale,
tout ce qui porte atteinte à la santé ou à l'intégrité physique ou
mentale d'une personne.
d'agrément : il
s'agit des dommages résultant de la privation de certaines satisfactions de
la vie courante, par exemple, la possibilité de continuer une activité
sportive ou un loisir
moral : il
s'agit des dommages d'ordre psychologique touchant à votre honneur ou vos
sentiments, par exemple, la souffrance liée à la perte d'un parent ou d'un
être cher
matériel : ce
sont les dégâts et dégradations matériels consécutifs à l'infraction
portant sur les biens mobiliers et immobiliers, vêtements, la perte d'un
revenu ou d'un élément de votre patrimoine...
3) La charge de la preuve.
En cas de préjudice
corporel ou d'agrément, la victime doit fournir tous les certificats ou
attestations médicaux décrivant avec précision les blessures, une incapacité
de travail, les traces physiques d'une agression, les tests ou prélèvements
effectués,
en cas de préjudice
moral, les indications de praticiens (médecins, psychologues) consultés
attestant des troubles et de l'importance du traumatisme,
en cas de préjudice
matériel, les traces écrites attestant du dommage et des frais éventuels
entraînés par des détériorations matérielles (contrats en cas de perte
d'un revenu, factures, constats, devis ).
1) Les services d'aide aux
victimes
150 services d'aide aux
victimes (associations et bureaux municipaux) sont spécialement chargés
d'accueillir les victimes d'infraction, les écouter et les informer sur leurs
droits.
Ils assurent des
permanences d'accueil. Ils sont ouverts à tous publics et leurs prestations
sont gratuites.
La plupart de ces services est
regroupée au sein de l'institut national d'aide aux victimes et de médiation
(INAVEM).
L’INAVEM adhère au Forum
Européen des SAV.
Ils travaillent en liaison avec
les instances accueillant des victimes : tribunal, police et gendarmerie,
avocats, services sociaux et hospitaliers.
Les SAV accueillent toute
personne qui s'estime victime d'une infraction.
Ils proposent une écoute
privilégiée pour comprendre les difficultés des victimes (sentiment
d'isolement, souffrances psychologiques, méconnaissance du droit) mais ils
n’offrent pas la possibilité d’une prise en charge psychologique à
laquelle certains d’entre eux préparent.
Ils informent les victimes sur
leurs droits et indiquent comment les faire valoir (fonctionnement de la
Justice, procédures, systèmes d'indemnisation).
Ils les accompagnent dans leurs
démarches (aide psychologique, prépa ration aux expertises et audiences de
jugement ).
Ils les orientent vers des
services administratifs ou sociaux compétents ou vers des services ou
associations spécialisées : avocat, services médico-psychologiques et
sociaux, assurances, associations spécialisées (enfants victimes, victimes
d'attentats, victimes d'accidents collectifs ou de violences sexuelles).
Ils peuvent sous l'autorité du
procureur de la République procéder à une médiation pénale réunissant
victime et auteur de l'infraction, afin de trouver les moyens d'une réparation
satisfaisante Ils mettent en place des dispositifs adaptés aux victimes les
plus traumatisées, par la mise en œuvre d'actions particulières auprès des
victimes d'actes criminels graves ou, en cas d'accident collectif, par la mise
en place de structures d'accueil d'urgence.
Les services d'aide aux victimes ne se
substituent pas aux victimes, ne les représentent pas et ne participent pas
au procès pénal.
2° L’avocat
L’avocat étudie les faits pour savoir
s'ils constituent une infraction ; il vérifie la solidité des arguments et
les moyens de preuve.
Il conseille sur les démarches à suivre pour
être indemnisé.
Dans le cadre d'un procès, il peut assister et
représenter son client.
L’aide juridictionnelle est accessible pour
les plus démunis.
Il existe des consultations
gratuites d'avocats. Se renseigner auprès des mairies ou des tribunaux pour
connaître le lieu, les dates et heures des consultations
3.- L’aide juridictionnelle
L’aide
juridictionnelle est une assistance qui permet aux personnes ayant des revenus
modestes de faire face aux frais liés à un procès et de bénéficier des
services d'auxiliaires de justice (ex : avocat, avoués). L'État prend en
charge la totalité ou une partie des frais selon les revenus de l'intéressé.
Les conditions d’accès 7
Tous français, ressortissant
d'un État membre de l'Union européenne, étranger résidant habituelle ment
en France en situation régulière (la condition de résidence n'est pas exigée,
si vous êtes mineur, partie civile, témoin assisté ou mis en examen)
Pour en bénéficier la moyenne
mensuelle des ressources perçues entre le 1er janvier et le 31 décembre
de l'année précédente, sans tenir compte des prestations familiales et de
certaines prestations sociales, doit être inférieure à une somme bien
définie.
Il est inutile de justifier de l'insuffisance
de ressources si le bénéficiaire perçoit le revenu minimum d'insertion
(RMI), l'allocation du Fonds national de solidarité ou l'allocation
d'insertion.
Si vous ces conditions ne sont pas
remplies, l'aide juridictionnelle peut être accordée à titre exceptionnel,
si la situation apparaît particulièrement digne d'intérêt au regard de
l'affaire ou des charges prévisibles du procès.
L'aide juridictionnelle peut être refusée si
une affaire n'est pas jugée sérieuse.
Dans les tribunaux ou les mairies
existent :
- des formulaires de demande d'aide
juridictionnelle avec la liste des pièces à fournir,
- des imprimé de déclaration de ressources à
remplir.
Il convient de déposer ou d’envoyer le
dossier complet, au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal compétent.
L'aide juridictionnelle peut être
accordée pour tout ou partie du procès et pour faire exécuter une décision
de justice. Elle donne droit à l'assistance d'un avocat et de tous les
auxiliaires de justice nécessaires (avoué, huissier de justice, expert)
Ils sont désignés par le bâtonnier
ou par le président de l'organisme professionnel dont ils dépendent.
Elle dispense totalement du
paiement, de l'avance ou de la consignation des frais du procès que l'État
prend en charge.
Toutefois, en cas d'aide
juridictionnelle partielle, l'État ne prend en charge qu'une partie des
honoraires d'avocat.
4) L’assurance de protection
juridique
Cette assurance est destinée à défendre
et à faire valoir les droits des ayants droits, de leur conjoint, enfants et,
le plus souvent, de toute personne vivant habituellement avec le bénéficiaire.
Elle n'a pas pour objet de
prendre en charge les dommages qui sont indemnisés par d'autres assurances
(multirisque habitation par exemple).
Elle permet de faire bénéficier
de conseils et d'une assistance juridique.
Cette assurance peut être
proposée :
- soit en annexe à un
contrat d'assurance (habitation, automobile...)
- soit par contrat séparé.
Le litige avec l’assureur
peut être réglé à l’amiable ou par voie judiciaire.
Si une procédure devient nécessaire,
l'assurance garantit et prend en charge le paiement des honoraires d'avocat et
des frais de justice dans les limites prévues par le contrat. Il est donc
recommandé de bien en connaître les clauses (types de litiges couverts,
limites de remboursement des honoraires d'avocat, médecin de recours, etc.).
L’accord de l’assureur est
nécessaire avant toute action judiciaire ou avant d’engager certains frais
(huissier, expert, etc.).
L’assuré est parfois tenu de
prendre l’avocat ou le médecin de recours recommandé par l’assureur, ce
qui pose des problèmes psychologiques de confiance dans l’indépendance de
ces professionnels.
