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Violences
et maltraitances
en institution de soins
A partir des études de Monique
Zambon
Une approche à réfléchir dans
le cadre de la prise en charge des handicapée, des patients porteurs de
troubles mentaux, des personnes en précarité et des personnes âgées :
Dr Erick Dietrich
Au cours d'une journée de travail dans les institutions
accueillant des personnes présentant des troubles du comportement, il y a de
nombreuses occasions d'être violent.
Si la violence physique est bien visible, il existe des
formes de violence qui, renvoyant aux besoins (de maintient de la vie, de sécurité,
de propriété, d'appartenance, de considération, d'estime de soi et de dépassement),
sont "sans traces visibles".
Les besoins
spirituels sont
difficiles à cataloguer car chaque personne est différente :
·
Le désir de vivre
·
La remémoration de sa vie
Importance de l'évocation du passé, des longues remémorations, qui a
valeur spirituelle.
·
Les besoins affectifs
C'est une priorité. Elle est reconnue dans l'intensité d'une présence
affective qui comble l'attente de chacun.
« Monique Zambon :
Quand tu me laisses au lit et que tu fermes la porte de ma chambre, tu fermes
les portes de mes sens.
·
Si tu fermes les
portes de mes sens, tu fermes la porte de mon contexte (l'environnement matériel
et l'entourage humain qui m'ont fait entrer et me maintiennent en humanitude)
·
Si tu fermes la
porte de mon contexte, tu fermes la porte de mes savoirs (savoir-observer le
contexte ; savoir-reconnaître : savoir-percevoir les normes de fonctionnement
du vivant ; savoir-organiser : savoir-comparer, savoir-trier, savoir-sélectionner
; savoir-interpréter : donner un sens à partir de ce que j'ai été, ce que je
suis, ce que je veux être ; savoir-choisir ; savoir-créer avant de pouvoir échanger
; savoir-exprimer, prendre position par le verbal et le non-verbal.).
·
Si tu fermes la
porte de mes savoirs, tu fermes la porte de mon autonomie (savoir-faire ;
savoir-comprendre : savoir entrer en relation, en résonance ; savoir-intégrer
: savoir globaliser le réel ; savoir-communiquer : savoir-Être.).
·
Si tu fermes la
porte de mon autonomie, tu fermes la porte de ma structuration mentale.
·
Si tu fermes la
porte de ma structuration mentale, tu fermes la porte de mon ÊTRE, être moi
parmi les humains. »
·
La vie dans l'instant.
Que regarde le patient qui suit des yeux le déplacement des soignants? Que
se passe-t-il dans la tête de ceux qui errent ? Que cherchent-ils ?
·
L'importance du corps.
Le corps est entier et la douleur du corps entraîne une souffrance
spirituelle, les massages sont des "caresses" (toutes les maladies ne
sont pas contagieuses !).
·
La gestion du handicap.
Comment les patients voudraient-ils qu'on les soigne, c'est-à-dire comment
voudraient-ils le faire s'ils le pouvaient ? Voilà la portée spirituelle de la
prise en charge du handicap.
·
Le rapport à la nature et au cadre matériel.
L'aspect contemplatif qui caractérise certains états, moins activiste,
avec les objets, la nature, les animaux.
Il y a donc de nombreux domaines
où la violence spirituelle, subtile, va s'insinuer sans que le soignant s'en
rende compte s'il n'est pas présent ici et maintenant : toilette sans pudeur ou
brusque, "râler" contre le radotage, etc.
Violence et vulnérabilité
La définition de la violence
: agir sur quelqu'un ou le faire agir contre sa volonté en employant la force
ou l'intimidation.
Est violent, tout acte destructif intentionnel ou non qui tend à détruire
inutilement les fonctions vitales d'un être humain en lui faisant subir des
peines physiques, des angoisses émotives ou des problèmes sociaux.
Cette violence ne peut s'exercer que parce la personne qui la subit est vulnérable,
car si elle était forte elle imposerait le respect.
La vulnérabilité peut résulter
·
d'un handicap physique (mobilité réduite, besoin d'aide
pour les repas, besoin d'aide pour l'entretien et l'hygiène corporelle,
alitement, handicap, incontinence urinaire et fécale, faiblesse générale en
raison de l'âge) ;
·
d'un handicap psychologique (abandon social, peur des représailles,
impuissance et ignorance devant les possibilités de recours, sentiment de
domination projeté par l'entourage, incompatibilité de caractère en raison de
conflits de génération) ;
·
d'une confusion et sénilité (manque de jugement, perte de
mémoire, comportement imprévisible).
·
l'abandon social est souvent sous-estimé : nous remarquons
que la violence ne s'exerce jamais sur un résident, lorsqu'il a la visite
quotidienne d'un membre de sa famille qui peut exprimer ses remarques.
Qu'est-ce qui contribue à la pratique de la
violence ?
On relève des causes tenant
à l'organisation du travail et des causes psychologiques.
- Causes
organisationnelles.
- absence de projet
de soins : qui sommes-nous, où voulons-nous aller, qu'y
gagnerons-nous ? établi en commun par les soignants (rôle du groupe de
pilotage) ;
- absence d'une
organisation concertée du travail privilégiant le résident mais
aussi l'autonomie et la responsabilité du soignant quant à
l'accomplissement du travail dans le cadre de rôles définis ;
-
- « Le travail en
série que l'on peut percevoir dans les applications du système
taylorien nous mènera d'une souffrance physique à la désorientation
sociale, par la prise de conscience de ce qui est fait sur le sujet
handicapé, par sa transformation en objet, en «corps-matière»
Face à l'incompréhensible, cette désorientation s'accentue du
sentiment d'impuissance et de la perte des significations des actions
des soignants.La perte d'initiative qui en résulte modifie la
personnalité du soignant ; il perd, soumis à cette violence à son égard,
la conscience des priorités humaines pour ne plus devenir qu'un «corps-outil».
La haine devant le corps du sujet fragile, vu comme une simple addition
d'organes, devient possible. Elle est source de révoltes et autres
violences. » Michel Personne , La désorientation
sociale des personnes âgées, Erès, 1996.
- absence de
discussion en équipe des problèmes rencontrés qui permet à chacun
de se former au cas par cas ;
- absence de
formation et de sélection. Les plus mauvais traitements se sont
produits quand les soignants étaient mal préparés ou avaient à
s'occuper à regret et à contrecoeur des personnes âgées.
- Causes
psychologiques.
-
- Le stress
associé à la tâche de soignant, de même que les frustrations
engendrées par les relations résidents-soignants (puisque la réponse
est quantitativement et qualitativement telle que ce n'est jamais
possible) sont des facteurs qui peuvent amener un état de fatigue
physique et psychologique et ainsi contribuer à développer chez un
intervenant des attitudes agressives inhabituelles dans d'autres
circonstances.
- La confrontation
perpétuelle à la maladie, à la vieillesse, à la mort omniprésente,
à l'impossibilité par le soignant de vivre un deuil normal suite au décès
d'un résident avec lequel des liens affectifs existaient, sont également
des facteurs qui peuvent contribuer aux attitudes déshumanisantes du
personnel.
- Une inversion des rôles
quant à la relation "parent-enfant".
Six formes de violence
- 1° Forme de violence : mauvais traitements
psychologiques.
- Types
- Dévalorisation,
reflets négatifs, jugement
- - donner des
surnoms ou des sobriquets ;
- - tutoiement ;
- - faire des
remarques sur les visites, etc. ;
- - les ridiculiser
ou les culpabiliser dans leur recherche d'un ami, dans leur vie
sexuelle ; - déclencher une angoisse par ses propos ;
- - déclencher une
angoisse négliger de soulager la douleur malgré les plaintes..
- Modalités
d'intervention
- Utiliser le
vouvoiement d'office, à moins d'avoir l'accord de la personne
concernée pour le tutoiement.
- - Respecter leur
intimité, frapper avant d'entrer et attendre la réponse.
- - Être tolérant
face à leur besoin de masturbation ou autre.
Principe de base :
Respect humain.
- Abus d'autorité
- - prendre les décisions
à leur place ;
- - soins systématiques
plus ou moins préventifs
- - ne pas respecter
le choix exprimé : être installé auprès d'une personne élue et/ou
d'un lieu préféré (fenêtre, fauteuil, chaise, etc.) ;
- - lui dire qu'elle
n'a plus " toute sa tête " ;
- - les forcer à
agir vite, à se presser ;
- - programmer un
isolement planifié ;
- - les limiter à
l'usage d'une seule pièce.
- Souvent
le cas de personnes présentant de cris répétitifs. On la laisse
dans sa chambre "coupée", isolée, privée de toute
stimulation...
- -
auditive autre que la voix des soignants : les autres résidents,
les familles, la vie sonore, musicale, de l'établissement ;
- -
visuelle autre que la blouse blanche des soignants et les murs de
sa propre chambre : les autres Résidents (forme des habits,
couleurs), la télévision, la décoration des murs et de
l'espace;, le mouvement des personnes et du matériel mobile ;
- -
olfactive autre que l'atmosphère de sa chambre, l'odeur des
soignants et son odeur personnelle : odeurs de la cuisine, des
vases de fleurs, des autres Résidents et de leurs familles, des
espaces de circulation, de l'extérieur ;
- -
tactile autre que celle suscitée lors de soins d'hygiène, de
repas, de son propre lit et fauteuil : des autres Résidents, des
familles (accompagnées parfois d'un enfant, d'un animal
domestique) ;
- -
proprioceptive autre que le lever du lit au fauteuil : marche, équilibre.
- - les changer de
chambre sans les consulter ni les avertir ;
- - les laisser dans
la même chambre qu'une personne confuse ou non acceptée ;
- Modalités
d'intervention
- - Remettre en
cause ses propres actes routiniers.
- - S'interroger
sur les besoins réels de la personne âgée.
- - Prendre en
considération les réticences de chacun.
Principe de base :
Respect humain. Individualisation des soins.
- Assaut verbal,
menace, chantage.
- - provoquer la peur
en menaçant d'isolement ;
- - agresser
verbalement, intimider, traite la personne comme un enfant.
- Modalités
d'intervention :
- - Apprendre à maîtriser
et à chercher la cause de toute agressivité.
- - Apprendre à
distinguer les différents rôles de notre vie familiale et
professionnelle : les enfants et encore plus les « malades
ou les exclus » ne sont pas "notre possession"
Principe de base :
Respect humain.
- Abus social
- caractérisé par
le fait d'ignorer la présence de la personne lors des soins, de la
priver de toute action, de tout rôle social, sous prétexte qu'elle
est vieille ;
- tout préjugé et
comportement social tendant à nier la dignité d'une personne, à
l'exclure socialement et à diminuer son estime de soi et l'indifférence
sociale : elle est capable d'apprendre et d'évoluer.
- Modalités
d'intervention :
- Principe
de base :
Respect humain.
- Violence par
omission :
- ne pas tenir compte
du vécu de la personne
- ne pas tenir compte
des habitudes de vie, personnelles et culturelles
- Modalités
d'intervention
- - Nous
questionner sur nos modes d'intervention.
- - Se sentir
concernés personnellement si nous sommes témoins d'une telle
situation et réagir.
- - Écouter le bénéficiaire,
valider ses propos, faire le tour d'un point d'interrogation
soulevé par une allusion de la personne.
- - Retrait
temporaire de l'intervenant.
- Facteur
contribuant : inversion de rôles
(parent/enfant et intervenant /aîné) doublée du renversement absolu du
rapport de forces.
- Modalités
d'intervention
- - Prendre
conscience que c'est une situation que chacun peut vivre.
- - En parler
ouvertement.
- - Demander éventuellement
une nouvelle affectation.
- - Respect de soi :
admettre et respecter ses limites.
- - Prendre
conscience que c'est une situation que chacun peut vivre.
- - En parler
ouvertement.
- - Demander éventuellement
une nouvelle affectation.
- 2° Forme de violence : mauvais traitements matériels.
- Types
- Vol d'argent, de
chèques de pension, etc.
- Modalités
d'intervention
- - S'assurer que
les biens de valeur soient en sécurité.
- - Suggérer aux
personnes âgées de fermer à clé leur porte de chambre en leur
absence.
Principe de base :
Les biens mis à l'abri évitent la convoitise des tiers
- Escroquerie
- - faire un usage
abusif de son argent ou de sa propriété
- - vendre des biens
fictifs.
- Modalités
d'intervention
- - Dénonciation
de la situation
- - Suggérer au médecin
l'utilité de la tutelle si besoin
- Facteur
contribuant : présence omniprésente de la mort
- Modalités
d'intervention
- - Allouer un moment
au membre du personnel affecté par le décès du résidant pour se
ressourcer.
Principe de base :
permettre à l'intervenant de faire un travail de deuil normal.
Briser l'autorenforcement de son propre sentiment de déchéance :
diminution du stress.
- - Oser identifier
son angoisse face à sa propre maladie ou mort
- - Revoir les
objectifs
- 3° Forme de violence : mauvais traitement physique
- Types
- Alimentation inadéquate
- - les forcer à
manger rapidement ;
- - mauvaise
installation ;
- - acharnement sur
la stricte observance diététique.
- Modalités
d'intervention
- - Inscrire au
plan de soin les habitudes alimentaires et en tenir compte en
faisant les menus.
Principe de
base : individualisation
des soins.
- - Réévaluer régulièrement
la nécessité d'une demande systématique des régimes.
Principe de
base : optimiser les
conditions pour que la personne s'alimente bien.
- - Respecter le
rythme de chacun.
- - Faire appel aux
bénévoles si possible.
- - Vérifier le
confort.
Principe de
base : optimiser les
conditions.
- - Offrir une aide
au repas si nécessaire, en utilisant la posture en écho et le
toucher.
- - Fermer les yeux
sur les écarts inhabituels, éviter la culpabilisation.
Principe de
base : respect
de la qualité de la vie
- Surveillance,
soins médicaux, soins infirmiers non donnés lorsque nécessaires :
- - Non
respect de l'intimité lors des soins du corps ;
- - Négliger de
soulager une douleur exprimée.
- - Négliger ou
refuser des soins de première nécessité ;
- - Ne pas répondre
(volontairement ou non) aux besoins d'une personne, compromettant
ainsi sa santé ou sa sécurité ;
- - Manque d'écoute
et d'attention
- - Interventions basées
exclusivement sur un modèle médical (surmédication et médicalisation
des soins)
- Violences à
l'image de soi
- - Infliger
sciemment ou non des souffrances corporelles ou interdire l'accès à
des soins de qualité pour... gagner du temps
- - Infliger
sciemment ou non des souffrances psychologiques à la personne et à
sa famille. Les mots peuvent causer des maux.
- Modalités
d'intervention
- - Revoir nos
objectifs de soins, et ce, régulièrement pour tous les résidents.
Principe de
base : respect
humain.
- - Discuter en équipe
du plan de soins de chacun des résidents.
Principe de
base : la
participation de chaque membre de l'équipe est un enrichissement
et amène une meilleure compréhension des objectifs de soins.
- Ligotement à un
lit, à une chaise
Six fausses raisons pour tenter
de justifier les contraintes :
- les moyens de
contention assurent la sécurité des résidents.
Faux
: des études révèlent en fait qu'ils engendrent des dommages
physiques et psychologiques et qu'ils peuvent même entraîner la
mort.
- il n'existe rien
pour remplacer les moyens de contention
Faux : des solutions de
remplacement la plus recommandable est d'agir sur l'environnement plutôt
que sur la personne.
- la contention
n'est employée qu'en dernier ressort.
Faux : cela est contredit par
le nombre élevé de cas où l'on utilise des moyens de contrainte.
- on
est obligé d'employer ces moyens de contention parce qu'on manque de
personnel.
Faux : des études
montrent que les patients ayant des contraintes exigent plus d'heures
de soins, et non pas moins.
- il
arrive que les patients ne trouvent rien à redire au fait qu'on les
attache
Faux : ceci est souvent
le signe d'une mauvaise évaluation de la part des professionnels ou
de pressions venant de la famille.
- l'emploi de
dispositifs de contention met les soignants et l'hôpital à l'abri
des poursuites judiciaires.
Faux : les affaires judiciaires
concernent au contraire les cas de contentions abusives.
- Modalités
d'intervention
- - Éviter le
"ligotement" systématique au cas ou ,
- - Prendre le
temps d'évaluer la personne concernée et le risque potentiel
d'une chute.
- - Réévaluer régulièrement
la situation,
Principe de
base : Une
personne confuse ou agitée une journée, peut être très
bien le lendemain. Respect humain.
- Blessures infligées
délibérément.
- - Gifle, pincement,
tape, ongles longs, bagues
- - Bousculades,
rudoiements
- - Une douleur
physique, une blessure
- - Une douleur
engendrée par le port d'un vêtement serré.
- Modalités
d'intervention
- -
Nous questionner sur nos modes d'intervention.
- - Retrait
temporaire, ou selon la situation, définitif de l'intervenant.
Principe de
base :
Protection de la
personne. Retirer temporairement l'intervenant peut permettre à
ce dernier un retour à l'équilibre.
- Assaut grave,
viol, meurtre
§
Modalités d'intervention
§
- Dénonciation de la situation et retrait définitif de
l'intervenant.
§
- Faire connaître aux personnes âgées les formes de recours
existantes.
§
- Faire rapport aux autorités policières.
Principe de base :
protection de la personne
- Facteur
contribuant : soignant mal
préparé ou qui travaille à contrecœur
- Soignant mal préparé
- Modalités
d'intervention
- - Prendre
conscience de sa responsabilité personnelle face à l'encadrement
des nouveaux employés.
- - Réviser le
programme d'orientation au sein de l'équipe.
- - Prolonger la période
d'orientation au besoin.
Principe de base
: Un
intervenant bien préparé à sa tâche aura une meilleure intégration
et une plus grande résistance au stress.
- Soignant qui
travaille à contrecœur auprès des personnes âgées.
- Modalités
d'intervention
- -
Stimuler l'intérêt de tous les membres de l'équipe en augmentant
leur autonomie, en encourageant leur créativité.
- - Être attentif
à se donner mutuellement des marques de valorisation.Ex.: donner la responsabilité d'une activité d'éveil ; écouter
et donner suite aux suggestions.
Principe de base :
l'autonomie augmente la confiance en soi et contribue à
augmenter la satisfaction au travail. Chacun a besoin de se sentir
apprécié et soutenu.
-
- 4° Forme de violence : la violation des droits
- Types
- Violation du
droit à la liberté
- - empêcher
une personne d'exercer un contrôle normal sur sa vie
- - non respect du
rythme de la personne ;
- - non respect des
droits et des besoins ;
- - manque d'écoute
et d'attention.
- Modalités
d'intervention : décrypter les signes, messages d'une
violation des droits à la liberté dans les attitudes et
comportements de la personne.
- La
personne dans son environnement ...
- pleure fréquemment
- apparaît négligée dans son apparence
- vit en réclusion évidente
- La
personne dans son expression ...
- apparaît effrayée, soupçonneuse
- menace de se suicider ou souhaite mourir
- dit qu'on la brutalise, qu'on la maltraite
- est incapable d'expliquer ses marques corporelles
- à l'air calme à l'excès, somnolente
- Obligation de
consommer des médicaments dans un but non thérapeutique
- - faire des essais
pour un laboratoire avant la mise sur le marché du médicament.
- Modalités
d'intervention
- -
Informer les personnes des effets de leurs médicaments, de leur
droit de les accepter ou de les refuser. La prise de conscience
apporte une saine discussion entre intervenants et résidents.
- - Valider régulièrement
l'usage des médicaments.
Principe de
base : pour
éviter la consommation excessive et/ou continue de médicaments
non efficaces ou qui n'ont plus leur raison d'être.
- 5° Forme de violence : mauvaises conditions de
l'environnement
- Types
- Chauffage inadéquat.
- Modalités
d'intervention
- - Se préoccuper
du bien être individuel de la personne.
Principe de base
: Respect humain.
Individualisation des soins.
- Interdiction de
personnaliser l'environnement.
- - Suppression ou déplacement
de ses objets personnels sans son consentement ;
- - Espace mal adapté
aux conditions particulières
- - Changement de
chambre imposé sans consultation ni préavis ;
- - Absence de lieu
pour recevoir en privé.
- Modalités
d'intervention
- - Se questionner
sur la politique en place et apporter des suggestions de
changement.
Principe de
base : Promotion de
la qualité de la vie.
- Facteur
contribuant : les différentes
sources de stress (travail et relations)
- reliées à la tâche
de l'intervenant : ambiguïté de rôle, manque de récompenses
et/ou de conditions positives, surcharge de travail, horaires
difficiles, manque d'autonomie et de contrôle sur les décisions
concernant la charge et le déroulement du travail.
- Modalités
d'intervention
- - Mise en branle
de mécanismes d'adaptation au sein de l'équipe en utilisant la méthode
de résolution de problèmes
1) définir le problème
(source de stress)
2) élaborer des solutions possibles
3) passer à l'action
4) évaluation
Principe de base
: le stress se gère
comme tout autre problème.
- -
Développer une bonne conscience de soi.
Principe de base :
pour identifier les signes précurseurs
d'épuisement.
- - Développer
un bon esprit d'équipe.
- - Respecter les
temps de pause et de repas.
Principe de base :
Augmente la résistance au
stress.
- -
Gérer le facteur temps peut vouloir dire déléguer davantage ou
laisser tomber des détails.
Principe de base
: Augmente l'intérêt
au travail et diminue les risques de lassitude et d'épuisement.
- - Voir la nécessité
de la formation continue dans le milieu du travail.
Principe de base
: Augmente l'intérêt
au travail et diminue les risques de lassitude et d'épuisement.
- 6° Forme de violence : mauvaises organisation des
soins et/ou des services prestataies.
- Types
- - Mauvaise
qualité de la nourriture (provenance ou utilisation) ;
- -
Règlement régissant les sorties
- - Règlement régissant
les heures de lever, de coucher et de sortie : le lever doit être
planifié en fonction du sommeil des habitudes et de la pathologie du
client. ; le coucher doit avoir lieu en fonction des mêmes conditions. Relevons
que la prescription de somnifères est imposée aux personnes ne pouvant
s'exprimer, alors que celles qui verbalisent sont capables d'expliquer
leurs besoins et d'opposer leur refus.
- - Absence d'intimité
lors des soins intimes ;
- - Longue attente
avant de recevoir les soins essentiels ;
- - Modèle
d'intervention médicale non adapté (surmédication et surmédicalisation
des soins)
- - Absence de
ressources permettant aux personnes de développer leur autonomie
- - Rester dans un
système de routines au lieu de proposer des activités d'éveil;
- - Absence de service
de loisirs : repas pris à l'extérieur, jardinage, danse.
- Modalités
d'intervention
- - Se questionner
sur le projet de soins, sur sa réalisation et apporter des
changements.
Principe de base
: promotion de la
qualité de la vie.
La personne victime d'autres personnes âgées
Les soignants intervenant auprès de ces personnes
sont quant à eux remis en cause dans leur pouvoir de guérir et expriment
parfois un certain désarroi face aux difficultés ressenties devant une
personne apparaissant comme dangereuse.
- L'AGITATION,
L'AGRESSIVITÉ, LA DANGEROSITÉ
- Il
est nécessaire avant d'envisager la notion de dangerosité de la
distinguer de l'agitation, de l'agressivité qui ne sont pas
obligatoirement synonymes de danger ou de violence.
- L'agitation
est une perturbation du comportement moteur, avec une gesticulation plus
ou moins importante. plusieurs degrés sont possibles avec au maximum des
mouvements qui ne sont plus coordonnés.
- L'agitation
est un symptôme d'alarme qui renvoie
à de nombreuses étiologies.
- Elle
implique une recherche attentive des causes, fréquemment organiques.
- Mais
elle peut être également l'expression d'une anxiété ou de
l'incapacité à conduire un comportement adapté à une situation
difficile.
- L'agitation
n'est pas synonyme de violence. Elle est à différencier également de
l'agressivité. Il faut parfois la respecter comme révélateur d'un
malaise psychique ou physique. Cependant, elle peut avoir un impact sur
la relation, sur l'entourage, si elle est vécue comme une menace, et
faire craindre un passage à l'acte de nature dangereuse. Le danger résulterait
alors dans ce dernier cas d'une méconnaissance d'une cause identifiable
et peut-être curable.
- L'agressivité
est «l'instinct de combat de l'animal et de l'homme, dirigé contre son
propre congénère» Lorentz.
- L'agressivité
est présente à toutes les étapes du développement la personne. Chez
le petit enfant où la destruction des objets investis présente comme
une règle absolue, chez l'adolescent où la prévalence des conduites
antisociales et agressives associées ou non à un contexte
crise-rupture est majoritairement la règle, et bien sûr chez l'adulte
dans ses divers aspects inter-individuels, familiaux ou sociaux.
- Dans
la société humaine, des règles et des tabous ont permis de développer
des phénomènes d'inhibition de ces actions de combat.
- Chez
l'homme, l'agressivité peut résulter d'une contradiction interne
telle que :
- la
non satisfaction des besoins,
- l'existence
d'un obstacle matériel ou humain à la réalisation d'un désir.
- L'agressivité
entre dans le domaine de l'interactivité, celui qui agresse a souvent
ressenti une menace pour son intégrité personnelle.
- Elle
peut se manifester sous des formes très diverses :
- par
des paroles, des attitudes, des gestes,
- l'indifférence,
l'irritabilité, l'ironie,
- des
déchaînements verbaux ou gestuels.
- Elle
peut avoir des équivalents tels que l'opposition, le refus de
nourriture, le gâtisme, les automutilations. les toxicomanies, etc. et
s'intégrer dans de nombreux tableaux psychiatriques.
- Dans
l'institution, l'agressivité peut être considérée comme une réaction
physiologique de la personne confrontée à un milieu qu'elle ressent
comme hostile, la soumettant à de nombreuses contraintes et
frustrations. Paradoxalement cette réaction est parfois réprimée.
Or, ce qui devrait inquiéter davantage les soignants c'est
l'acceptation passive de cette vie institutionnelle. Le danger résulte
d'une incompréhension du sens de ce comportement, pouvant aboutir à
un retournement contre le sujet lui-même de cette agressivité sous
la forme du suicide, du syndrome de glissement, de la passivité.
La dangerosité.
- Au
sens large un état dangereux peut être défini comme tout ce qui
menace ou compromet l'existence d'une personne ou d'une chose. Selon
cette approche, on peut donc bien différencier l'agitation et
l'agressivité de la dangerosité dans la mesure où elles n'auront pas
forcément de conséquence sur l'existence ou la sûreté de
l'environnement de la personne.
- La
dangerosité est un phénomène dynamique, interactif qui nécessite la
réunion d'une condition déclenchante ou favorisante pour l'éclosion
d'un passage à l'acte et l'apparition en fonction des règles du
milieu, d'une infraction et d'une victime.
- LE
RÔLE DU FONCTIONNEMENT INSTITUTIONNEL
- Des
situations sociologiques «favorisantes» sont parfois créées par le
fonctionnement de l'institution.
- La
prévention devra s'appuyer sur une approche des troubles
psycho-comportementaux associée obligatoirement à une sensibilisation et
une formation du personnel soignant.
- Dans
certains cas, on aboutira au diagnostic «d'institution pathogène», du
fait de ses règles de fonctionnement ; d'une «cohabitation» de
personnes trop différents, engageant à une séparation et à un accueil
plus spécialisé de malades présentant un handicap psychique importante.
- Tenter
d'étudier la dangerosité liée à des troubles du comportement confronte
à la complexité de cette notion. En pratique, l'institution dans tous
les cas doit rapidement trouver une réponse adaptée tant à la
souffrance du sujet qu'à l'équilibre de son propre fonctionnement
institutionnel. Au-delà de cette réponse urgente, une réflexion sur la
genèse de cette dangerosité devient une opportunité pour une meilleure
connaissance des règles de fonctionnement de l'institution ; pour dégager
une approche préventive du passage à l'acte qui devra s'appliquer tant
au niveau des facteurs individuels qu'au niveau des facteurs situationnels
plus complexes puisqu'ils impliquent la thérapeutique du milieu.
- La
notion de dangerosité est révélatrice de bien des préoccupations
posant le problème des relations entre la personne, la maladie,
l'institution, la société. Si celle-ci
favorise une «image de soi» négative de la personne, elle crée les
conditions pour qu'elle soit plus dépressive, septique, méfiante, à
l'hostilité à autrui exacerbée.
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